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RDC : la BCC place la microfinance au cœur du financement des PME

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  • À fin 2025, les 116 institutions de microfinance et coopératives agréées affichaient un total de bilan de 824,2 millions de dollars.

  • La BCC veut accélérer leur transformation numérique et étendre le crédit aux agriculteurs, aux femmes, aux jeunes et aux entreprises éloignées des grands centres financiers.

À Kinshasa, au Pullman Hôtel, André Wameso Nkualoloki a ouvert, mardi 4 août, la cinquième édition de la Semaine congolaise de la microfinance. Organisée du 3 au 6 août, avant une foire des PME et microentrepreneurs prévue à l’Athénée de la Gombe, la rencontre réunit régulateurs, coopératives d’épargne et de crédit, institutions de microfinance, banques, fintechs et partenaires au développement.

Le gouverneur de la Banque centrale du Congo a replacé la microfinance dans l’architecture du système financier national. À fin 2025, la RDC comptait 116 institutions agréées, affichant un total de bilan de 824,2 millions de dollars, selon les données présentées lors de l’ouverture. Le secteur dispose désormais d’une assise financière significative, mais son implantation reste concentrée à Kinshasa et dans les principaux centres provinciaux.

La feuille de route exposée par la BCC repose sur quatre leviers : renforcer les organes de gouvernance, encadrer plus étroitement les risques de crédit et de liquidité, consolider les contrôles internes et déployer des services numériques capables d’atteindre les populations éloignées des agences. La réglementation de la Banque centrale comprend déjà des instructions consacrées à la gouvernance des institutions de microfinance ainsi qu’aux règles prudentielles de contrôle interne et de gestion des risques.

Cette orientation prolonge la Stratégie nationale d’inclusion financière 2023-2028. Le taux d’inclusion financière a dépassé 50 %, porté notamment par les paiements mobiles, l’entrée en service du switch national, l’interconnexion progressive des institutions et les règles d’interopérabilité. La RDC vise un taux de 65 % à l’horizon 2028.

La prochaine étape se jouera dans l’usage économique du crédit. Les agriculteurs ont besoin de prêts dont les échéances suivent les saisons de production. Les femmes et les jeunes entrepreneurs recherchent des montants permettant d’acheter des équipements, de constituer des stocks et de recruter. Les PME doivent pouvoir passer du microcrédit à des financements plus longs à mesure qu’elles augmentent leur chiffre d’affaires.

La Banque africaine de développement accompagne cette transition par un projet de 12 millions de dollars destiné au développement du secteur financier. Le programme cible les populations rurales, les femmes, les jeunes et les micro, petites et moyennes entreprises. Il prévoit aussi de porter à au moins vingt le nombre de prestataires connectés au switch national.

« Notre ambition est claire : bâtir un secteur de la microfinance professionnel, solide, innovant, résilient et présent au plus près des populations », a déclaré André Wameso. Pour la BCC, l’inclusion financière devient ainsi le sixième pilier de son plan stratégique 2026-2030, avec une priorité donnée aux institutions capables de financer la production, l’emploi et l’investissement au-delà des grands centres urbains.

DecryptEco

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