Réuni le 31 juillet 2026 à Kaniama Kasese, dans la province du Haut-Lomami, le gouvernement congolais a adopté une réforme structurelle du système doctoral. Le dispositif porte sur l’encadrement juridique des formations, l’assainissement des établissements, la création d’un programme national de bourses et la professionnalisation des parcours de recherche.
La réforme prévoit une traçabilité numérique des dossiers, la modernisation des infrastructures scientifiques, un audit annuel de qualité et une orientation des recherches vers des sujets présentant une application nationale. Elle doit être accompagnée par un financement budgétaire et par une coordination entre l’enseignement supérieur, les ministères techniques et les institutions publiques de recherche.
Cette décision intervient au moment où la RDC commence à structurer ses données scientifiques. En février 2026, le ministère de l’Enseignement supérieur, l’Institut national de la statistique, l’UNESCO et l’AUDA-NEPAD ont réuni à Kinshasa une cinquantaine d’experts pour améliorer la collecte et la gestion des informations relatives à la recherche et à l’innovation.
Les données disponibles situent les dépenses nationales de recherche et développement à environ 0,41 % du produit intérieur brut. L’évaluation de l’UNESCO consacrée à l’intelligence artificielle relève également une production nationale estimée à 299 publications dans ce domaine, en comptant les articles, chapitres d’ouvrages et rapports.
Le système doctoral devra aussi accompagner les investissements qui modifient les besoins en compétences du pays. En mars 2026, la Banque mondiale a présenté un programme de 300 millions de dollars destiné à former un million de jeunes Congolais dans six secteurs : énergie et mines, transport et logistique, agriculture et agro-industrie, industrie manufacturière, tourisme et technologies numériques. Le projet doit notamment soutenir une Académie d’excellence d’Inga et des formations liées au corridor de Lobito, à Inga 3 et aux infrastructures routières.
Le doctorat occupe le sommet de cette chaîne de compétences. Il forme les enseignants universitaires, les ingénieurs de recherche, les spécialistes des laboratoires et les cadres scientifiques capables de travailler sur les procédés miniers, les réseaux électriques, les semences, la santé publique ou les systèmes numériques.
Après l’adoption de Kaniama Kasese, les prochaines décisions porteront sur les établissements autorisés à organiser les doctorats, les critères d’attribution des bourses, le financement des laboratoires et le registre numérique des chercheurs. Ces instruments détermineront le nombre de formations effectivement alignées sur les besoins scientifiques et industriels de la RDC.
Recevez chaque semaine l’essentiel de l’actualité économique, les tendances de marché et nos analyses pour mieux comprendre les enjeux qui façonnent la RDC et l’Afrique. Bientôt disponible.
Laisser un commentaire