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Les start-up blockchain africaines n’ont capté que 90,1 millions de dollars en 2025, soit 0,58 % des financements mondiaux du secteur, alors que le continent a représenté 6,9 % des transactions blockchain recensées à l’échelle internationale. Cette asymétrie alimente le débat sur la valorisation du marché africain des actifs numériques.
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Malgré un recul de 26,6 % des montants levés en 2025, plusieurs pays, dont le Kenya, le Ghana, le Maroc, le Rwanda et la Zambie, accélèrent la mise en place de cadres réglementaires pour les actifs numériques afin d’attirer des capitaux de plus long terme.
L’Afrique continue d’occuper une place marginale dans le financement mondial de la blockchain malgré une adoption en progression. Selon l’African Blockchain Report 2025, publié par CV VC et Absa Corporate and Investment Banking, les jeunes entreprises africaines spécialisées dans la blockchain ont levé 90,1 millions de dollars en 2025 à travers 28 opérations, soit 0,58 % des financements mondiaux du secteur.
Dans le même temps, elles ont représenté 5,3 % de l’ensemble des capitaux levés par le capital-risque en Afrique et 6,9 % des opérations de financement réalisées sur le continent, des proportions supérieures aux moyennes mondiales.
À l’échelle mondiale, les investissements dans la blockchain ont progressé de 28,8 % en 2025 pour atteindre 15,4 milliards de dollars, tandis que le capital-risque toutes catégories confondues s’est élevé à 512,8 milliards de dollars.
Dans ce contexte, la part de l’Afrique demeure limitée alors que le continent n’a mobilisé qu’environ 1,7 milliard de dollars de capital-risque tous secteurs confondus, soit 0,33 % des financements mondiaux.
Le rapport relève toutefois que la baisse des montants investis ne s’est pas accompagnée d’un effondrement de l’activité entrepreneuriale. Les financements blockchain ont reculé de 26,6 % par rapport à 2024, mais le nombre d’opérations est resté relativement stable, traduisant une concentration des investissements sur des tours de financement de taille plus modeste. Le ticket médian s’est établi à 1,9 million de dollars, contre 3,2 millions de dollars au niveau mondial.
L’année 2025 a été marquée par la levée de fonds de 22 millions de dollars réalisée par Kredete, une fintech fondée par l’entrepreneur nigérian Adeola Adedewe. Cette opération constitue la plus importante levée blockchain divulguée sur le continent en 2025 et illustre l’intérêt croissant des investisseurs pour des applications liées aux paiements transfrontaliers, au crédit, aux stablecoins et aux infrastructures financières numériques plutôt qu’aux seules cryptomonnaies spéculatives.
Sur le plan réglementaire, plusieurs juridictions poursuivent la structuration du marché. Selon le rapport, 15 pays africains disposent désormais d’un cadre légal ou réglementaire applicable aux actifs virtuels ou aux prestataires de services sur actifs numériques.
Le Kenya figure parmi les marchés les plus avancés après l’entrée en vigueur, en novembre 2025, de la loi sur les Virtual Asset Service Providers (VASP). En mars 2026, le Trésor kényan a lancé une consultation publique destinée à finaliser les règlements d’application portant notamment sur les conditions d’agrément, les exigences prudentielles, la lutte contre le blanchiment des capitaux et la protection des investisseurs.
À l’inverse, l’expérience de la République centrafricaine est régulièrement citée comme un cas de référence sur les limites d’une stratégie reposant essentiellement sur les cryptoactifs.
Après l’adoption du bitcoin comme monnaie légale en 2022 et le lancement du Sango Coin, les souscriptions enregistrées sont restées très inférieures aux objectifs initiaux, conduisant progressivement les autorités à revoir plusieurs dispositifs du projet.
Parallèlement aux financements, l’utilisation des actifs numériques continue de progresser. D’après Chainalysis, l’Afrique subsaharienne a reçu plus de 205 milliards de dollars de flux « on-chain » entre juillet 2024 et juin 2025, soit une progression d’environ 52 % sur un an.
La région se distingue également par une forte proportion de transactions de détail, principalement utilisées pour les paiements, les transferts internationaux et la préservation du pouvoir d’achat dans des économies confrontées à une forte volatilité monétaire.
Les données publiées pour 2025 montrent ainsi un contraste entre la progression des usages de la blockchain sur le continent et le volume relativement limité des capitaux mobilisés pour financer les entreprises du secteur.
Les prochaines évolutions réglementaires, notamment au Kenya et dans plusieurs autres juridictions africaines, seront suivies de près par les investisseurs spécialisés dans les actifs numériques.
DecryptEco
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