- Le gouvernement congolais et une délégation canadienne ont échangé à Kinshasa sur les nouvelles perspectives du partenariat économique RDC–Canada, avec un accent mis sur les investissements durables, les infrastructures et la transformation locale.
- Le ministre d’État au Plan, Guylain Nyembo, a appelé les investisseurs canadiens à développer des projets structurants dans les provinces, notamment dans l’énergie, l’agriculture et les chaînes de valeur industrielles.
La République démocratique du Congo poursuit ses efforts de diversification de ses partenariats économiques internationaux. Le mercredi 20 Mai 2026 à Kinshasa, le ministre d’État au Plan, Guylain Nyembo, a reçu une délégation canadienne conduite par Ryan Clark, directeur général pour l’Afrique de l’Est et du Sud au ministère canadien des Affaires mondiales, accompagnée de Catherine Vézina, chargée d’affaires du Canada en RDC, autour des perspectives de coopération économique entre les deux pays.
Les discussions se sont inscrites dans le cadre de la nouvelle stratégie Canada–Afrique et ont porté sur plusieurs secteurs jugés prioritaires, notamment les infrastructures énergétiques, l’agriculture, la gouvernance économique, la formation technique et le développement des chaînes de valeur locales.
Au cours des échanges, Guylain Nyembo a plaidé pour une réorientation progressive des investissements étrangers vers les provinces, estimant que plusieurs zones du pays disposent encore d’importants potentiels économiques insuffisamment exploités.
Le ministre d’État a notamment évoqué les opportunités liées au Tanganyika ainsi qu’à d’autres provinces à fort potentiel agricole, minier et énergétique.
Le gouvernement congolais souhaite également encourager des investissements capables de soutenir la transformation locale et l’émergence d’activités industrielles intégrées. Dans cette perspective, les autorités congolaises ont encouragé les opérateurs canadiens à se structurer en consortiums afin de financer des projets de plus grande envergure dans les infrastructures, l’énergie et l’agro-industrie.
Kinshasa considère aujourd’hui que le développement des chaînes de valeur locales constitue l’un des leviers essentiels pour augmenter les retombées économiques des ressources naturelles et renforcer la création d’emplois qualifiés.
La délégation canadienne a, de son côté, affiché sa volonté d’accélérer la coopération bilatérale avec la RDC. « Nous venons avec une énergie nouvelle pour que notre partenariat puisse passer à une vitesse encore plus grande », a déclaré Catherine Vézina.
Pour plusieurs experts des politiques de développement, ce rapprochement intervient dans un contexte où la RDC cherche à attirer des investissements plus structurants, capables de soutenir la transformation économique du pays sur le long terme.
Des analystes estiment toutefois que la compétitivité des provinces dépendra fortement de l’amélioration des infrastructures de transport, de l’accès à l’électricité et de la stabilité du cadre réglementaire.
D’autres observateurs considèrent également que l’intérêt croissant des partenaires occidentaux pour la RDC s’explique par l’importance stratégique des minerais critiques congolais dans les chaînes industrielles mondiales liées à la transition énergétique et aux technologies propres.
Selon eux, le défi pour Kinshasa sera désormais de transformer cet intérêt géoéconomique en projets industriels concrets capables de générer davantage de valeur ajoutée locale.
Les deux parties ont convenu de poursuivre les discussions techniques afin d’identifier des projets susceptibles de renforcer durablement la coopération économique entre la RDC et le Canada.
DecryptEco
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