- La RDC a suspendu pendant 48 heures le péage de Kasangulu afin de désengorger la Route nationale n°1, principal corridor reliant Kinshasa au port de Matadi.
- La crise met en lumière les vulnérabilités structurelles des infrastructures congolaises, alors que plus de 90% du transport de marchandises dépend encore de la route.
La RDC a suspendu pour 48 heures les opérations de péage à Kasangulu, dans le Kongo Central, après plusieurs jours de congestion massive sur la Route nationale n°1 (RN1), principal axe commercial reliant Kinshasa au port atlantique de Matadi.
La décision a été annoncée samedi par le ministre des Infrastructures et Travaux publics, John Banza Lunda, à l’issue d’une mission d’inspection sur ce corridor stratégique pour l’économie congolaise.
Des milliers de camions, citernes et véhicules particuliers sont restés immobilisés pendant des heures à la traversée de Kasangulu, où des travaux de rehaussement et d’élargissement de la chaussée ont réduit la circulation à un important goulot d’étranglement.
L’incident dépasse la seule question de mobilité.
La RN1 constitue l’une des infrastructures les plus critiques du pays. Ce corridor relie Kinshasa à Matadi, principal débouché maritime de la RDC, par lequel transitent l’essentiel des importations nationales.
Le port de Matadi traite environ 95% du trafic portuaire congolais, selon des données de la Banque mondiale et de l’IFC. Plus de 3 millions de tonnes de marchandises y transitent chaque année.
Dans un pays où le rail demeure largement sous-développé, plus de 90% du transport de marchandises dépend encore du réseau routier. Toute perturbation prolongée sur la RN1 peut donc affecter rapidement les chaînes d’approvisionnement, les coûts logistiques et les prix à la consommation dans la capitale.
Lors de sa visite, John Banza Lunda a reconnu que la route ne remplissait plus son rôle de “poumon économique” du pays.
Le gouvernement a ordonné une suspension temporaire des travaux les plus contraignants et l’instauration d’une circulation alternée afin de rétablir progressivement le trafic.
“Nous suspendons le péage pendant 48 heures pour favoriser la fluidité du trafic et reprendre ensuite les travaux de manière alternée”, a déclaré le ministre.
Les concessionnaires ont également reçu instruction de suspendre temporairement la perception des péages.
Le ministère prévoit désormais d’accélérer le développement d’une voie alternative reliant Mvululu à Mangala via la RN1, avec des connexions vers les rocades sud-est et sud-ouest de Kinshasa ainsi que les axes de Ndjili et Limete.
Les études techniques de ce projet avaient été réalisées en 2024 par l’Agence congolaise des grands travaux (ACGT).
Au-delà de la gestion immédiate de la crise, l’épisode remet en lumière les limites structurelles des infrastructures congolaises.
Selon la Banque mondiale, moins de 5% du réseau routier national est asphalté, malgré la taille continentale du pays et l’importance stratégique de ses corridors commerciaux.
Le gouvernement a annoncé le lancement d’une revue des concessions routières dès la semaine prochaine afin de réévaluer les mécanismes de gestion des infrastructures et de limiter l’impact économique des futurs travaux sur les usagers et les transporteurs.
DecryptEco
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