L’interception de diamants à Mbuji-Mayi ne constitue pas seulement un fait divers économique. Elle révèle un déséquilibre plus profond : celui d’un marché où les prix ne se forment pas dans des conditions normales.
Dans une économie structurée, le prix d’une matière première résulte d’un jeu entre offre, demande et transparence de l’information. En RDC, ce triptyque est partiellement rompu dans la filière diamantifère. Une part significative de la production échappe aux circuits officiels, créant une dualité de marché.
D’un côté, un marché formel, soumis aux standards internationaux. De l’autre, un marché informel, où les transactions se font en dehors de toute régulation. Cette coexistence engendre une distorsion majeure : les prix observés officiellement ne reflètent qu’une fraction de la réalité économique.
Cette situation produit trois effets directs.
Primo, une sous-évaluation des exportations déclarées.
Secundo, une perte fiscale pour l’État.
Tertio, une désorganisation des chaînes de valeur locales.
Pour les investisseurs, cette opacité accroît le risque. Pour les producteurs, elle réduit les marges. Pour l’État, elle limite la capacité à transformer les ressources en levier de développement.
La question des prix devient alors une question de gouvernance. Sans transparence, il n’existe pas de véritable marché.
DecryptEco
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