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Coopération RDC–Tanzanie : Julien Paluku visite le port de Dar es Salaam, où la RDC pèse 53 % du fret en transit

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  • Le fret destiné à la RDC a atteint 7,77 millions de tonnes en 2025-2026, soit 53 % du trafic de transit du port de Dar es Salaam.

  • Kinshasa et Dodoma veulent désormais mieux connecter leurs services pour réduire les délais, les coûts et les risques liés au passage des marchandises congolaises.

Le port de Dar es Salaam occupe une place croissante dans le commerce extérieur congolais. Durant son séjour en Tanzanie, le ministre du Commerce extérieur, Julien Paluku Kahongya, a visité, samedi 19 septembre, cette plateforme par laquelle transite une part importante des importations et exportations de la République démocratique du Congo.

La visite intervient après l’engagement pris par Kinshasa et Dodoma de conclure, dans un délai de 90 jours, un accord commercial bilatéral. Les deux gouvernements veulent notamment réduire les coûts et les délais liés aux procédures d’importation et d’exportation et renforcer la coopération entre leurs administrations.

Julien Paluku était accompagné des responsables congolais de la DGDA, de l’OGEFREM et du CEEC basés en Tanzanie.

L’objectif était notamment d’examiner les conditions de suivi et de sécurisation des cargaisons congolaises.

L’intérêt économique est important. Dar es Salaam constitue la principale porte maritime de la Tanzanie et dessert plusieurs économies sans accès direct à la mer, dont la RDC, la Zambie, le Burundi et le Malawi.

Le port traite environ 95 % du commerce international tanzanien, d’après la Tanzania Ports Authority.

Pour la RDC, son poids dépasse désormais celui d’un simple utilisateur du corridor. Sur l’exercice 2025-2026, les cargaisons à destination du pays ont progressé de 30 %, passant de 5,99 à 7,77 millions de tonnes. Elles représentent 53 % des 14,61 millions de tonnes de fret en transit traitées par Dar es Salaam.

Cette progression donne une autre dimension à la coopération portuaire entre les deux pays. Pour une économie enclavée sur une grande partie de son territoire, la performance d’un port étranger agit directement sur le coût d’acheminement des marchandises.

Un séjour portuaire plus court réduit les frais de stockage, certaines pénalités logistiques et l’immobilisation du capital des importateurs.

Les autorités portuaires tanzaniennes ont indiqué à la délégation congolaise que le traitement du fret destiné à la RDC pouvait désormais s’effectuer en environ deux jours, contre une dizaine auparavant. Si ce délai se maintient dans les opérations courantes, le gain dépasse la seule rapidité : les entreprises peuvent raccourcir leurs cycles d’approvisionnement et mieux maîtriser les coûts liés au passage portuaire.

Julien Paluku a ainsi demandé un renforcement de l’interconnexion entre le port et les services congolais présents en Tanzanie.

L’échange plus rapide des informations entre douanes, organismes de suivi du fret et services de certification peut limiter les ruptures documentaires, améliorer la traçabilité des cargaisons et accélérer leur sortie.

Le mouvement accompagne un rapprochement économique plus large. En août, les présidents Félix Tshisekedi et Samia Suluhu Hassan avaient déjà placé les infrastructures, les mines et le commerce parmi les axes de coopération bilatérale.

Avec plus de la moitié du fret en transit de Dar es Salaam désormais lié à la RDC, la fluidité de ce corridor devient ainsi une variable commerciale concrète : quelques jours gagnés au port peuvent réduire le coût logistique des entreprises congolaises et accélérer la circulation des marchandises entre l’océan Indien et le marché intérieur.

DecryptEco | RDC & Afrique

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