-
Maurice Azonnankpo a présenté, lundi 14 septembre à Kinshasa, ses lettres de créance à la ministre d’État Thérèse Kayikwamba Wagner. Le nouveau représentant du HCR prend ses fonctions alors que l’agence onusienne estime à 6,9 millions le nombre de déplacés internes en RDC.
-
La crise dépasse les frontières congolaises : plus de 1,2 million de réfugiés et demandeurs d’asile originaires de RDC se trouvent sur le continent africain. Dans le même temps, le plan humanitaire 2026 révisé nécessite environ 2,1 milliards USD, dont près de la moitié reste à financer.
Maurice Azonnankpo prend la tête de la représentation du Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés en République démocratique du Congo avec un dossier dominé par trois questions : protéger les populations encore déplacées, accompagner les Congolais réfugiés à l’étranger qui souhaitent rentrer et inscrire ces retours dans des zones suffisamment stabilisées.
Reçu lundi 14 septembre par la ministre d’État aux Affaires étrangères, Thérèse Kayikwamba Wagner, il a échangé sur les déplacés internes, le retour volontaire, sûr et digne des réfugiés ainsi que les conséquences humanitaires de la crise dans l’Est. Kinshasa demande une coordination plus étroite entre l’État, le HCR et les partenaires, avec un lien plus direct entre aide d’urgence, stabilisation et développement.
L’échelle des déplacements donne la mesure de cette mission. Le HCR fait état de 6,9 millions de déplacés internes, dont plus de 5 millions dans le Nord-Kivu, le Sud-Kivu et l’Ituri.
Les relevés plus récents de l’OIM montrent à eux seuls environ 1,17 million de déplacés au Nord-Kivu, 1,09 million au Sud-Kivu et 1,01 million en Ituri en juillet.
Ces mouvements restent directement alimentés par les violences. Entre le 16 septembre 2025 et le 14 mars 2026, le Bureau conjoint des Nations Unies pour les droits de l’homme a documenté 2 913 violations et atteintes aux droits humains dans l’Est. Le rapport fait état de 1 124 personnes tuées et de 324 cas de violences sexuelles liées au conflit ayant touché 516 victimes.
La pression est aussi régionale. En mars, le HCR comptabilisait environ 1,25 million de réfugiés et demandeurs d’asile congolais en Afrique. L’Ouganda en accueillait à lui seul plus de 657 000, devant notamment le Burundi avec près de 110 000, la Tanzanie avec 77 000, la Zambie avec 72 000 et le Congo-Brazzaville avec environ 66 000. Fin juillet, plus de 16 400 nouvelles arrivées congolaises avaient encore été enregistrées dans les pays voisins depuis janvier.
Le retour volontaire ne consiste donc pas seulement à faire franchir une frontière dans le sens inverse. Il suppose que les personnes puissent rentrer sans contrainte, retrouver un minimum de sécurité, accéder au logement et aux services publics et reconstruire leurs moyens de subsistance.
Des retours mal préparés peuvent simplement transformer une crise de réfugiés en nouveaux déplacements internes.
Cette équation se heurte au financement. Après révision, OCHA chiffre les besoins humanitaires de la RDC à environ 2,1 milliards USD en 2026. Le plan est couvert à près de 49 %, laissant un déficit d’environ 1,1 milliard USD.
La mission confiée à Maurice Azonnankpo commence ainsi avec une contrainte simple : organiser des solutions durables pour des millions de personnes alors que les violences persistent et que les ressources disponibles restent inférieures aux besoins.
DecryptEco | RDC & Afrique
Laisser un commentaire