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Robert Friedland estime que l’industrie minière ne développe pas assez vite de nouvelles capacités pour répondre aux besoins futurs en cuivre des réseaux électriques, centres de données, véhicules électriques et nouvelles infrastructures industrielles.
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L’AIE estime que les mines existantes et les projets annoncés pourraient couvrir seulement 75 % des besoins primaires en 2035. La RDC, deuxième producteur minier mondial, a extrait environ 3,2 millions de tonnes en 2025.
Le marché du cuivre peut afficher un excédent cette année et manquer de métal à plus long terme. C’est dans cet écart entre disponibilité immédiate et capacités futures que Robert Friedland situe le risque pour une industrie appelée à alimenter simultanément réseaux électriques, centres de données, véhicules électriques et investissements de réindustrialisation.
Le fondateur et coprésident exécutif d’Ivanhoe Mines a estimé, dans un entretien à Odd Lots de Bloomberg publié le 12 septembre, que les nouvelles capacités minières restent très en deçà des volumes nécessaires pour accompagner la croissance future de la consommation. Le cuivre a déjà gagné plus de 15 % depuis le début de l’année.
Le marché n’est pourtant pas en pénurie immédiate. L’International Copper Study Group prévoit encore un excédent de cuivre raffiné d’environ 96 000 tonnes en 2026, contre un déficit de 150 000 tonnes anticipé précédemment.
Sur le premier semestre, la production raffinée mondiale a progressé de 2,4 %, laissant un surplus préliminaire d’environ 131 000 tonnes.
La tension apparaît davantage à mesure que l’horizon s’allonge. L’Agence internationale de l’énergie (AIE) estime désormais que l’offre minière issue des opérations existantes et des projets annoncés pourrait rester inférieure d’environ 25 % aux besoins primaires de cuivre en 2035.
L’écart s’est légèrement réduit par rapport aux projections précédentes grâce à l’avancement de nouveaux projets, notamment en RDC et en Zambie, mais demeure le plus important en volume parmi les principaux minerais suivis par l’agence.
Le problème tient aussi au temps nécessaire pour augmenter l’offre. Les nouvelles mines doivent être découvertes, autorisées, financées puis construites, tandis que la baisse des teneurs dans certains gisements existants oblige à traiter davantage de roche pour produire la même quantité de métal.
Les perturbations récentes ont déjà pesé sur l’extraction : la production minière mondiale a reculé de 1,1 % au premier semestre 2026, notamment sous l’effet de baisses au Chili, en Indonésie et en RDC.
La RDC occupe une place croissante dans cette équation. L’US Geological Survey estime sa production minière à 3,2 millions de tonnes en 2025, derrière les 5,3 millions du Chili mais devant les 2,7 millions du Pérou.
Le pays est ainsi le deuxième producteur mondial de cuivre extrait. L’USGS estime également sa production de cuivre raffiné à environ 2,8 millions de tonnes, derrière la Chine mais devant le Chili.
Kamoa-Kakula concentre à la fois le potentiel et les difficultés d’une augmentation rapide de l’offre.
Le complexe proche de Kolwezi a produit 388 838 tonnes de cuivre en 2025. Après les perturbations liées à Kakula et la révision du plan minier, Ivanhoe a resserré sa prévision 2026 à 290 000-310 000 tonnes, contre 290 000-330 000 tonnes auparavant. Ivanhoe Mines et Zijin Mining détiennent chacune 39,6 % du projet, l’État congolais 20 % et Crystal River 0,8 %.
Le complexe dispose aussi désormais d’une fonderie sur site, entrée en activité fin 2025. Sa capacité nominale atteint 500 000 tonnes par an. Pour la RDC, le débat industriel ne porte donc plus uniquement sur l’extraction : il concerne la montée en puissance des capacités métallurgiques et, au-delà du cuivre raffiné, le développement d’activités capables de convertir le métal en produits intermédiaires et manufacturés.
Les prix ajoutent une dimension géopolitique au marché. Le cuivre a récemment inscrit de nouveaux records, tandis que les États-Unis appliquent déjà des droits de 50 % sur certains produits semi-finis en cuivre.
Le cuivre raffiné reste exempté, mais Washington examine toujours l’instauration de droits supplémentaires. Aucune décision définitive n’avait été prise au 10 septembre.
La RDC produit déjà plusieurs millions de tonnes et augmente ses capacités de raffinage au moment où l’offre mondiale à long terme devient plus difficile à sécuriser. Mais Kamoa-Kakula rappelle aussi la contrainte physique du secteur : entre une ressource identifiée et une tonne effectivement disponible sur le marché, les volumes peuvent être réduits par la géologie, l’énergie, les infrastructures ou les incidents opérationnels.
Une demande mondiale plus élevée donnerait davantage de valeur aux nouvelles capacités congolaises, à condition qu’elles puissent être mises en production au rythme attendu.
DecryptEco | RDC & Afrique
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