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Trois financements additionnels de l’IDA, totalisant 475 millions USD, ont franchi une nouvelle étape juridique le 11 septembre : 200 millions pour TRANSFORME, 200 millions pour l’éducation et 75 millions pour la nutrition et la santé.
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Cette nouvelle enveloppe intervient alors que plus de 8,3 milliards USD de financements extérieurs déjà engagés en faveur de projets en RDC restaient non décaissés à la mi-août 2026, selon une analyse de l’Inspection générale des finances.
Le Gouvernement congolais a adopté, le vendredi 11 septembre 2026, trois projets de loi relatifs à la ratification d’ordonnances-lois portant sur 475 millions USD de financements additionnels conclus avec l’Association internationale de développement (IDA), le guichet concessionnel de la Banque mondiale.
Les textes ont été présentés en Conseil des ministres par le ministre des Finances, Doudou Fwamba Likunde Li-Botayi.
Cette adoption ne constitue toutefois pas le point de départ de ces financements. Les accords avaient été conclus en juin 2026 et les projets d’ordonnances-lois correspondants avaient déjà été examinés par le Conseil des ministres du 14 août.
Trois ordonnances-lois ont ensuite été prises le 21 août 2026. La décision du 11 septembre constitue donc une nouvelle étape du processus interne de ratification, et non l’octroi de nouveaux crédits décidé ce jour-là. Sur les 475 millions USD, 200 millions concernent le financement additionnel du projet TRANSFORME, destiné à soutenir notamment les femmes entrepreneures et les micro, petites et moyennes entreprises.
La Banque mondiale avait initialement approuvé ce projet en 2022 pour 300 millions USD, avec pour objectif de favoriser la croissance des MPME et la création d’emplois, particulièrement pour les femmes.
Une deuxième enveloppe de 200 millions USD est destinée au Projet d’urgence pour l’équité et le renforcement du système éducatif, tandis que 75 millions USD financent le deuxième financement additionnel du Projet multisectoriel de nutrition et de santé.
Ce dernier vise notamment à accroître l’utilisation des services de nutrition et de santé destinés aux jeunes enfants ainsi qu’aux femmes enceintes et allaitantes.
Au-delà de ces trois opérations, la capacité de la RDC à absorber les financements déjà mobilisés reste un indicateur central.
Lors du Conseil des ministres du 14 août, une analyse de l’Inspection générale des finances (IGF) a établi que le portefeuille actif des projets financés par les partenaires techniques et financiers représentait plus de 10,7 milliards USD, avec un taux de décaissement limité à 24,3 %. Le Gouvernement faisait parallèlement état de plus de 8,3 milliards USD restant à décaisser.
Les 475 millions USD concernés par la procédure actuelle représentent ainsi environ 5,7 % de ce stock de plus de 8,3 milliards USD encore non décaissé. Inversement, les financements en attente de décaissement représentent plus de 17 fois cette nouvelle enveloppe.
L’IGF a associé la faiblesse des décaissements à plusieurs contraintes : lourdeurs administratives et procédurales, retards dans la mise à disposition des fonds de contrepartie et insuffisances dans le pilotage de certains projets.
Sur cet aspect de choses, le président de la République, Félix Tshisekedi a demandé à la Première ministre, Judith Suminwa Tuluka, de présenter un plan gouvernemental de redressement et aux ministères concernés de simplifier et digitaliser les procédures tout en renforçant la coordination avec les partenaires financiers.
Le problème dépasse le seul volume des financements obtenus. Déjà, en mars 2026, Albert Zeufack, directeur de division de la Banque mondiale pour la RDC, l’Angola, le Burundi et São Tomé-et-Príncipe, soulignait que l’impact économique dépend du passage effectif des projets de la planification aux marchés publics puis à l’exécution.
Il identifiait notamment la compétence des équipes, la responsabilisation des gestionnaires et la résolution rapide des blocages comme conditions de cette exécution.
Les 475 millions USD augmentent donc les ressources destinées aux entreprises, à l’éducation et à la santé, mais leur impact dépendra des décaissements effectifs. Les prochains indicateurs à observer seront le délai d’entrée en vigueur de ces financements, leur rythme de décaissement et, plus largement, l’évolution du taux d’absorption du portefeuille extérieur congolais au-delà des 24,3 % constatés en août.
DecryptEco
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