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L’Afrique assure jusqu’à 96,3 % de la production mondiale de karité, environ 70 % du cacao et 55 % des noix de cajou, mais capte moins de 10 % de la valeur du marché mondial pour la plupart de ces produits.
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Le déficit de transformation locale maintient une grande partie du continent dans l’exportation de matières premières, alors que les activités de conditionnement, de fabrication et de distribution concentrent une part importante de la valeur ajoutée.
L’Afrique reste un acteur majeur de la production mondiale de plusieurs ressources issues des arbres, sans parvenir à convertir cette position en revenus proportionnels.
À ce jour, le continent capte moins de 10 % de la valeur du marché mondial pour la plupart des produits arboricoles qu’il fournit, indique le rapport Tree-powered bioeconomies in Africa, publié en août 2026 par Landscape Alliance, nouvelle identité commune du CIFOR et de l’ICRAF.
Le constat repose sur un contraste important entre les volumes produits en Afrique et la valeur finalement tirée de ces ressources.
Le continent fournit 96,3 % des noix de karité produites dans le monde, entre 80 et 90 % de la gomme arabique, environ 70 % des fèves de cacao et près de 55 % des noix de cajou. Il occupe également une place importante dans la production de café, de bois, de caoutchouc, d’huile de palme, d’avocats et de dattes.
Ces différentes cultures et ressources couvrent plus de 100 millions d’hectares à travers l’Afrique.
Cette puissance productive contraste avec la faiblesse de la transformation industrielle. Une grande partie du cacao, du karité, du bois, des gommes ou encore des résines quitte encore le continent à l’état brut ou après une première transformation limitée. Les étapes suivantes, notamment le raffinage, la fabrication de produits finis, le conditionnement et la commercialisation, sont souvent réalisées sur d’autres marchés.
Le décalage apparaît également dans le secteur forestier. L’Afrique possède environ 16 % de la superficie forestière mondiale, mais son poids dans la valeur ajoutée et les exportations mondiales de produits forestiers reste proche de 2 %.
La FAO relie notamment cette situation à la faiblesse des activités de transformation par rapport à l’exploitation primaire des ressources.
Les pertes après récolte réduisent encore les revenus potentiels. Landscape Alliance estime que jusqu’à 44 % des fruits périssables issus des arbres, notamment les mangues, les avocats et les agrumes, peuvent être perdus chaque année dans plusieurs pays africains, faute notamment de capacités suffisantes de stockage, de transformation et d’accès aux marchés.
Le rapport identifie aussi un potentiel dans les industries pharmaceutiques, alimentaires et cosmétiques. Environ 5 400 espèces végétales disposant de 16 000 applications médicinales ont été documentées sur le continent.
Leur valorisation industrielle pourrait alimenter une partie du marché pharmaceutique africain, estimé à 50 milliards USD par an.
Landscape Alliance recommande ainsi de renforcer les investissements dans la transformation, l’innovation, la qualité et les chaînes de commercialisation.
À ce stade, renseigne la source, seules l’Afrique du Sud, la Namibie et l’Éthiopie disposent de politiques nationales globales de bioéconomie, tandis que la Communauté d’Afrique de l’Est possède la seule stratégie régionale recensée par le rapport.
DecryptEco
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