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RDC : la SNEL réorganisée en trois pôles opérationnels autonomes

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  • La compagnie nationale d’électricité conservera une seule personnalité juridique, mais séparera la gestion et les comptes de la production, du transport et de la distribution.

  • La réforme doit permettre d’identifier le coût de chaque activité, de suivre les pertes et de préparer les investissements nécessaires au réseau électrique congolais.

À Kaniama Kasese, dans le Haut-Lomami, le Conseil des ministres du 31 juillet 2026 a retenu une réorganisation progressive de la Société nationale d’électricité.

La SNEL restera une entreprise unifiée et conservera son patrimoine, mais ses opérations seront réparties entre trois pôles autonomes : production, transport et distribution.

Chaque pôle disposera de comptes distincts et d’une autonomie de gestion.

Cette séparation doit faire apparaître les recettes, les charges et le coût de revient de chaque métier.

Elle permettra notamment de distinguer le prix de l’électricité produite dans les centrales du coût de son acheminement sur les lignes à haute tension, puis de celui de sa livraison aux ménages, aux commerces et aux industries.

Le modèle retenu correspond à une séparation comptable au sein d’un opérateur intégré.

La Banque mondiale classe cette formule parmi les différents degrés de réorganisation des entreprises électriques, avant la création éventuelle de sociétés juridiquement indépendantes ou la séparation complète de leurs actifs.

La réforme intervient dans un pays où environ une personne sur cinq dispose de l’électricité, selon les données utilisées par la Banque mondiale pour son programme Inga 3.

Pour les entreprises, la faiblesse de l’accès au réseau et les interruptions d’alimentation imposent le recours aux groupes électrogènes, aux installations solaires privées et à d’autres sources plus coûteuses.

La séparation des comptes donnera à la SNEL un outil pour localiser les charges et les pertes.

La production peut enregistrer des revenus alors que la distribution peine à facturer ou à recouvrer les paiements. Le transport peut, de son côté, supporter des investissements lourds dans les lignes et les postes sans disposer de ressources affectées à leur entretien.

Des comptes distincts permettront d’établir des budgets et des objectifs propres à chacune de ces activités.

Cette réorganisation accompagne un changement plus large dans la gestion des entreprises publiques.

Le gouvernement a lancé la sélection compétitive de près de 140 mandataires dans quinze sociétés d’État. La première vague concerne la SNEL, la REGIDESO, la SNCC, la RVA et l’ONATRA.

Les fonctions de président du conseil d’administration, directeur général, directeur général adjoint et administrateur seront ouvertes par appels à candidatures électroniques.

La Banque mondiale a également placé la transformation des entreprises publiques au centre de son rapport économique de mars 2026 sur la RDC.

Son programme de financement des politiques de développement soutient notamment les réformes du secteur énergétique et l’amélioration de la qualité des services.

La prochaine phase se jouera dans les comptes : bilans séparés, contrats de performance, coûts de production et de distribution, créances publiques et programme d’investissement. Ces données fixeront les conditions dans lesquelles la SNEL pourra attirer des capitaux sans perdre son statut d’entreprise nationale.

DecryptEco

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