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Le texte adopté par les sénateurs organise la création d’une bourse des valeurs mobilières, d’une bourse de marchandises et d’une autorité de régulation.
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Les économistes y voient un instrument potentiel de financement des entreprises, dont l’efficacité dépendra de la transparence financière, de la solidité du régulateur et de la présence d’investisseurs actifs.
Le Sénat de la République démocratique du Congo a adopté, le vendredi 24 juillet 2026, le projet de loi relatif aux marchés boursiers. Les 73 sénateurs présents ont voté en faveur du texte, sans opposition ni abstention.
Le projet doit encore être harmonisé avec la version précédemment adoptée par l’Assemblée nationale. Une commission mixte paritaire devra rapprocher les deux textes avant leur transmission au président de la République pour promulgation.
La loi prévoit l’organisation d’une bourse des valeurs mobilières et d’une bourse de marchandises. Elle institue également une Autorité des marchés financiers, chargée de superviser les opérateurs, de contrôler les transactions et de protéger les investisseurs.
Répondre au déficit de financement
La création d’un marché boursier répond à une faiblesse structurelle de l’économie congolaise : le financement limité des entreprises par le système bancaire.
Les experts du Fonds monétaire international (FMI) estiment que le secteur financier congolais reste peu profond, fortement concentré autour des banques et faiblement orienté vers le financement de l’économie réelle.
Dans une évaluation publiée en 2022, le FMI situait le crédit bancaire à l’économie à environ 7,5 % du produit intérieur brut à la fin de 2020, l’un des ratios les plus faibles au monde.
Les petites et moyennes entreprises sont particulièrement concernées. Une autre analyse du FMI indique qu’elles ne représentaient qu’environ 8 % des crédits distribués en 2021. Près de quatre entreprises congolaises sur dix considéraient alors l’accès au financement comme une contrainte majeure, tandis qu’environ 92 % de leurs investissements étaient financés sur ressources internes.
Une bourse pourrait compléter le crédit bancaire en permettant aux entreprises d’émettre des actions ou des obligations.
Elle offrirait aussi aux banques, aux compagnies d’assurances, aux caisses de retraite et aux particuliers de nouveaux instruments de placement.
Transparence et gouvernance comme conditions d’accès
L’accès au marché imposera cependant des exigences plus strictes aux entreprises. Les sociétés souhaitant lever des capitaux devront publier régulièrement leurs comptes, présenter des états financiers audités et communiquer les informations susceptibles d’influencer les décisions des investisseurs.
Pour les spécialistes des marchés financiers, cette discipline constitue l’un des principaux apports d’une bourse. Elle peut améliorer la gouvernance des entreprises et réduire l’écart d’information entre dirigeants, actionnaires et investisseurs.
Elle peut aussi devenir un obstacle pour les sociétés dont la comptabilité reste insuffisamment structurée. Les PME ne pourront bénéficier du marché que si des règles proportionnées, des mécanismes d’accompagnement et des compartiments adaptés à leur taille sont mis en place.
Le risque d’un marché peu liquide
Le principal défi sera de créer un marché réellement actif. Une bourse ne se limite pas à une institution ou à une plateforme électronique : elle doit réunir des entreprises solides, des investisseurs réguliers, des intermédiaires agréés et un volume suffisant de transactions.
Les travaux récents du FMI décrivent encore le système financier congolais comme peu développé, très concentré et dominé à 97 % par les actifs bancaires. Deux établissements détenaient à eux seuls 55 % des actifs du secteur bancaire en 2025.
Dans ce contexte, la qualité de l’Autorité des marchés financiers sera déterminante. Son indépendance, ses moyens techniques et sa capacité à sanctionner les manipulations de marché conditionneront la confiance des investisseurs.
L’adoption de la loi établit donc le cadre initial. L’impact économique de la réforme dépendra désormais des textes d’application, des premières entreprises admises à la cote et du montant des capitaux effectivement mobilisés.
DecryptEco
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