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RDC : jusqu’à 22 % des effectifs de la Police seraient passifs, la biométrie ouvre le chantier de la dépense publique

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Sur quelque 168 617 personnes actuellement gérées par la Police nationale congolaise, entre 20 % et 22 % relèveraient d’un statut passif, selon le commissaire général adjoint Jean-Bosco Galenga. Retraités et agents décédés composeraient notamment cette catégorie, soit jusqu’à 37 000 dossiers à clarifier dans l’architecture administrative de l’institution.

Le basculement vers l’identification biométrique devrait alors ouvrir un chantier sensible pour l’État, consistant à rapprocher les effectifs administrés des agents réellement en activité et, à terme, disposer d’une base plus solide pour piloter la paie, les recrutements, les affectations et la qualité de la dépense publique.

L’État congolais s’apprête à mettre des identités vérifiables derrière les chiffres de sa Police. Et les premiers ordres de grandeur révèlent déjà l’épaisseur du chantier.

Selon le commissaire général adjoint chargé de l’appui et de la gestion, Jean-Bosco Galenga, environ 168 617 personnes sont actuellement gérées par l’institution. Entre 20 % et 22 % relèveraient toutefois d’un statut passif, correspondant notamment à des retraités et à des agents décédés. À la borne haute, cela représente plus de 37 000 dossiers.

Hormis le fait que ce chiffre paraisse considérable, Il exige aussi une lecture rigoureuse : un agent classé passif n’est pas nécessairement un agent indûment rémunéré. En l’absence d’un audit public établissant un lien entre ces dossiers et des paiements effectivement exécutés, toute estimation de pertes pour le Trésor serait spéculative.

Mais une telle proportion suffit à exposer une faiblesse plus profonde : l’État ne peut piloter finement sa dépense de personnel sans savoir, avec précision, qui sert encore, sous quel statut et dans quelle affectation.

C’est dans ce contexte que le gouvernement a engagé la phase opérationnelle du contrôle physique, administratif et biométrique des policiers.

L’opération doit démarrer à Kinshasa avant de s’étendre aux 26 provinces, avec l’ambition de constituer une base unique, sécurisée et plus difficile à contaminer par les doublons, les identités incertaines ou les dossiers devenus obsolètes.

La réforme touche directement à l’économie de l’État. Dans une administration où la masse salariale absorbe une part importante des ressources publiques, la qualité du fichier des agents conditionne la qualité de la dépense.

Un effectif mal maîtrisé brouille les besoins réels de recrutement, complique les promotions, fragilise les affectations et réduit la capacité du gouvernement à arbitrer entre rémunérations, équipements et investissements.

Une autre donnée appelle déjà à la prudence. Alors que Jean-Bosco Galenga évoque 168 617 personnes gérées par la Police, le partenaire technique de l’opération a fait état d’environ 157 000 policiers à contrôler sur six mois.

Plus de 11 000 personnes séparent les deux références. L’écart peut provenir de périmètres administratifs différents ; population totale gérée d’un côté, agents ciblés par l’enrôlement de l’autre, mais il illustre précisément le problème que la réforme prétend résoudre : produire une photographie incontestable des effectifs.

Plusieurs experts indiquent tout de même que la biométrie ne garantit pourtant aucune économie automatique. Sa valeur dépendra du croisement avec les fichiers de paie, de la mise à jour continue des départs à la retraite et des décès, ainsi que de la capacité de l’administration à traiter les anomalies détectées.

Un fichier numérisé peut devenir obsolète aussi vite qu’un registre papier si la gouvernance qui l’alimente demeure défaillante.

Pour Kinshasa, le véritable dividende de l’opération se mesurera donc moins au nombre de cartes biométriques distribuées qu’à la qualité des décisions budgétaires qu’elle permettra.

Derrière les empreintes et les identités cryptées se joue une question beaucoup plus matérielle : la capacité de l’État à savoir qui il administre, qui il rémunère et pour quel service.

Dans les finances publiques, la maîtrise de la dépense commence souvent par une opération élémentaire, Compter juste, glisse un experts du secteur

DecryptEco

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