-
Le gouvernement prépare la transition de la SEGUCE-RDC avant l’expiration du contrat liant l’État congolais au consortium BIVAC-SOGET le 2 août 2026.
-
Une Task Force réunissant la Présidence et plusieurs ministères a été mise en place pour proposer un nouveau modèle de gouvernance et préserver les acquis de la digitalisation du commerce extérieur.
À moins de deux mois de l’échéance du contrat entre le gouvernement congolais et le consortium BIVAC-SOGET, opérateur de la Société d’Exploitation du Guichet Unique Intégral du Commerce Extérieur (SEGUCE-RDC), le ministre du Commerce extérieur, Julien Paluku Kahongya, a annoncé la mise en place d’une Task Force chargée de préparer la prochaine étape de cette réforme stratégique.
La décision a été prise lors de la réunion du Comité de supervision de la SEGUCE-RDC tenue le 8 juin 2026 à Kinshasa, en présence des vice-ministres des Finances et du Budget, Gracia Yamba Kazadi et Élysé Bokumwana Maposo.
Cette équipe regroupera des experts de la Présidence de la République ainsi que des ministères des Finances, du Budget, de l’Économie nationale, du Portefeuille, des Transports et du Commerce extérieur.
Sa mission consiste à préparer la transition et à proposer un futur dispositif de gouvernance accompagné d’un nouveau partenariat.
Cette initiative intervient alors que Bureau Veritas a annoncé son retrait progressif de certains contrats gouvernementaux en Afrique et au Moyen-Orient, une situation qui pousse les autorités congolaises à anticiper la suite afin de protéger les intérêts stratégiques de l’État.
Pour comprendre l’importance du dossier, il faut rappeler que la SEGUCE constitue le cœur numérique des opérations de commerce extérieur en RDC.
Cette plateforme centralise et dématérialise les formalités liées à l’importation, à l’exportation et au transit des marchandises sur un portail unique.
Plus de 25 000 utilisateurs y effectuent leurs opérations administratives et douanières.
Concrètement, le système permet aux opérateurs économiques, aux administrations publiques, aux banques et aux services douaniers de partager les informations nécessaires aux transactions commerciales sans multiplier les procédures physiques.
Cette organisation contribue à réduire les délais de traitement, à améliorer la traçabilité des opérations et à limiter certains coûts administratifs liés au commerce extérieur.
Le gouvernement a d’ailleurs poursuivi cette modernisation en décembre 2025 avec l’interconnexion entre le système GUCE/S-One et Sydonia World de la Direction générale des douanes et accises (DGDA), une évolution destinée à fluidifier davantage les opérations de dédouanement.
Pour les experts du commerce international, la question centrale est désormais de garantir la continuité du service tout en consolidant les performances obtenues grâce à la numérisation. La future architecture institutionnelle devra notamment préserver la fluidité des échanges commerciaux, sécuriser les recettes publiques et accompagner l’ambition du gouvernement d’améliorer le climat des affaires.
La réflexion engagée par la Task Force devrait ainsi permettre à la RDC de définir un nouveau cadre de gestion pour l’un des outils les plus importants de sa chaîne de facilitation du commerce, à un moment où la digitalisation des procédures apparaît de plus en plus comme un levier de compétitivité économique et d’efficacité administrative.
DecryptEco
Laisser un commentaire