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42 ans après le premier recensement en RDC : comment Guylain Nyembo compte briser l’incertitude démographique

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  • Guylain Nyembo annonce le dénombrement général pour juillet 2027, dans le cadre d’une opération évaluée à 192 millions USD, précédée d’une cartographie du territoire.

  • Actualiser le nombre d’habitants et leur répartition doit permettre de mieux dimensionner les services publics, d’éclairer les investissements et d’affiner les indicateurs économiques.

Compter les habitants pour mieux orienter les dépenses publiques : Guylain Nyembo place cette ambition au cœur du deuxième Recensement général de la population et de l’habitat (RGPH-2). Intervenant au briefing de presse du 28 septembre 2026, aux côtés de Patrick Muyaya, le ministre d’État, ministre du Plan et de la Coordination de l’aide au développement, a présenté les préparatifs de cette opération, dont le coût global est estimé à 192 millions USD.

Quarante-deux ans après le recensement de 1984, qui avait dénombré environ 30 millions d’habitants, le pays doit actualiser sa connaissance de la population. Des estimations démographiques existent.

Elles permettent de suivre les évolutions, mais ne remplacent pas un nouveau dénombrement pour mesurer les transformations locales provoquées par les naissances, les migrations, l’urbanisation et les déplacements de population.

La première tâche consiste donc à localiser avant de compter. « Aujourd’hui, nous sommes dans la deuxième phase de ce processus », a expliqué Guylain Nyembo.

La cartographie censitaire doit repérer les bâtiments, habités ou non, recueillir des informations sommaires sur les ménages et découper le territoire en « aires de dénombrement ».

Chaque aire correspond à une zone délimitée confiée à un recenseur. Ce découpage doit éviter qu’un quartier soit oublié ou qu’un ménage soit compté deux fois.

Il permet aussi d’estimer le nombre d’agents nécessaires, leurs déplacements et les équipements à mobiliser. À Kinshasa, 1 868 opérateurs cartographes ont suivi une formation organisée à partir du 9 septembre dans 35 sites. Le ministre Guylain Nyembo a également mis en avant le recrutement local et l’acceptation de candidatures sur papier pour tenir compte des difficultés de connexion.

Les autorités locales et les responsables religieux doivent contribuer à informer les familles. La qualité du recensement repose aussi sur leur participation : une équipe équipée ne peut recueillir des données complètes si les ménages comprennent mal l’opération.

Le grand dénombrement est annoncé pour juillet 2027, avant l’analyse et la diffusion des résultats. Former, rémunérer et déployer les agents, puis collecter et traiter les informations avec des tablettes constituent des postes importants du budget présenté.

Les 192 millions USD représentent un coût estimatif, distinct des dépenses effectivement exécutées. Dans les localités enclavées et les zones touchées par l’insécurité, le dispositif reste à préciser. « Nous utiliserons tous les moyens disponibles, notamment les technologies satellitaires ainsi que l’appui de nos partenaires », a déclaré Guylain Nyembo.

L’imagerie peut aider à localiser l’habitat ; elle doit être associée à d’autres données pour estimer les habitants et leurs caractéristiques. Des travaux consacrés à la RDC montrent l’intérêt de combiner les bâtiments repérés et les enquêtes auprès des ménages.

Le briefing a aussi distingué trois opérations souvent confondues. Le recensement mesure la population et décrit les ménages. L’identification civile, portée par l’Office national d’identification de la population (ONIP), établit l’identité individuelle.

L’enrôlement électoral, organisé par la Commission électorale nationale indépendante (CENI), concerne les personnes remplissant les conditions pour figurer sur les listes électorales. Ce fichier ne peut donc représenter toute la population, notamment les enfants.

L’incidence économique apparaît directement dans la préparation des budgets. En effet, sous-estimer les enfants d’une commune peut conduire à prévoir trop peu de classes et d’enseignants. Méconnaître l’expansion d’un quartier peut retarder l’installation de conduites d’eau ou de réseaux électriques. Une population mieux localisée fournit une base plus précise pour répartir les investissements entre territoires.

Dans son Rapport sur le développement dans le monde 2021, intitulé Data for Better Lives, la Banque mondiale explique que les données publiques, dont celles des recensements, contribuent à améliorer les services et à hiérarchiser l’utilisation de ressources limitées.

L’institution souligne également la nécessité de financer les systèmes statistiques et de renforcer leurs compétences techniques. La collecte prend ainsi sa valeur lorsqu’elle éclaire effectivement les décisions.

Les entreprises peuvent également mieux apprécier les marchés à desservir. La répartition des ménages aide à choisir l’emplacement d’une agence bancaire, d’un commerce ou d’une infrastructure de télécommunications.

Ces informations doivent ensuite être croisées avec les revenus et les habitudes de consommation : le nombre d’habitants ne suffit pas à mesurer leur pouvoir d’achat.

La comparaison avec les richesses minières appelle la même précision. Des évaluations de réserves existent, notamment dans les publications du Service géologique des États-Unis (USGS).

Elles ne constituent pas une valorisation exhaustive de l’ensemble du sous-sol congolais. Réserves connues, potentiel géologique et recettes effectivement tirées de l’exploitation mesurent des réalités différentes. Le recensement répond à une autre question : combien de personnes doivent bénéficier de la richesse produite, et où vivent-elles ?

Les résultats pourront enfin modifier la lecture du PIB par habitant. À production inchangée, une population révisée à la hausse réduit mécaniquement ce ratio, sans signifier que l’économie a produit moins.

Pour les finances publiques, l’utilité sera tout aussi concrète : rapprocher le nombre de classes, les capacités des centres de santé et les réseaux d’eau des populations réellement à desservir.

DecryptEco | RDC & Afrique

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