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Le Gouvernement congolais veut accélérer la valorisation des blocs pétroliers 1 et 2 du Graben Albertin en s’appuyant sur l’expérience de Tim O’Hanlon, ancien vice-président Afrique de Tullow Oil, groupe impliqué dans les premières découvertes pétrolières majeures sur la rive ougandaise du bassin.
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L’expérience de l’Ouganda fournit surtout un point de comparaison : 1,65 milliard de barils récupérables y ont été identifiés, mais ce volume ne correspond pas aux réserves de la RDC. Côté congolais, l’exploration doit encore établir les ressources réellement commercialisables.
La RDC cherche à transformer le potentiel géologique du Graben Albertin en véritable projet pétrolier. La ministre d’État aux Hydrocarbures, Acacia Bandubola Mbongo, a réuni, le mardi 15 septembre 2026 à Kinshasa, plusieurs responsables du secteur autour du développement des blocs 1 et 2, avec l’appui de Tim O’Hanlon, ancien responsable Afrique de Tullow Oil et spécialiste de l’exploration pétrolière sur le continent.
Son expérience intéresse directement Kinshasa. O’Hanlon a notamment occupé les fonctions de vice-président chargé des activités africaines de Tullow, compagnie qui a joué un rôle important dans le développement pétrolier ougandais.
La RDC veut tirer des enseignements de cette expérience pour structurer sa propre démarche sur l’autre rive du lac Albert.
La comparaison doit cependant être maniée avec précision. Les quelque 1,65 milliard de barils de réserves récupérables actuellement recensés appartiennent au potentiel pétrolier de l’Ouganda, et non à celui déjà prouvé de la RDC.
Kampala prépare une production susceptible d’atteindre environ 230 000 barils par jour à son pic. Ces volumes donnent une indication sur la richesse pétrolière du bassin Albertin, mais ne permettent pas d’attribuer mécaniquement des réserves équivalentes aux blocs congolais 1 et 2.
Côté congolais, le Gouvernement avait approuvé en avril 2025 l’attribution des droits pétroliers des blocs 1 et 2 à la SONAHYDROC, dans le cadre d’un contrat de services.

La priorité consiste désormais à approfondir l’exploration, améliorer les données disponibles et établir des volumes suffisamment solides avant d’envisager un développement industriel à grande échelle.
À l’issue de la réunion, le directeur général de la SOCIR, Franck Beausaert, a expliqué que les échanges devaient permettre de « comprendre clairement la méthodologie appliquée pour développer ces blocs et tirer enseignement de cette expérience pour notre propre secteur ».
Le potentiel économique ne se résume toutefois pas à découvrir du pétrole. Une ressource doit ensuite devenir commercialement exploitable : forages, installations de production, traitement, financement et surtout évacuation du brut. L’expérience ougandaise illustre l’ampleur de cette chaîne d’investissement.
L’Ouganda développe ainsi l’EACOP, un oléoduc de 1 443 kilomètres reliant ses champs pétroliers au port tanzanien de Tanga, avec une capacité maximale annoncée de 246 000 barils par jour.
Au début de septembre 2026, le projet avait atteint 92,7 % d’avancement.
Cette infrastructure explique aussi l’intérêt d’une réflexion régionale. O’Hanlon considère que l’isolement géographique du Graben impose de rechercher des économies d’échelle avec les pays voisins.
Pour la RDC, une éventuelle production pourrait donc poser rapidement la question du raccordement à des infrastructures régionales existantes ou de la construction d’une solution propre d’évacuation. Aucun dispositif opérationnel de ce type n’est encore annoncé.
Pour les experts du secteur, c’est à ce niveau que se joue la viabilité économique des blocs congolais. Des réserves importantes peuvent rester sous terre lorsque le coût des forages, des infrastructures et du transport rend leur exploitation trop chère.
À l’inverse, la proximité d’investissements déjà engagés en Ouganda peut réduire certains coûts si des accords techniques et commerciaux permettent à terme de mutualiser une partie des infrastructures.
Une exploitation commerciale ouvrirait aussi une nouvelle chaîne d’activités en RDC : services pétroliers, transport, maintenance, construction, logistique et sous-traitance spécialisée.
Elle pourrait également diversifier les recettes publiques d’un pays dont l’économie extractive reste très largement dominée par le cuivre et le cobalt.
Mais la séquence reste claire : les 1,65 milliard de barils identifiés en Ouganda démontrent la dimension pétrolière du bassin Albertin, pas les réserves de la RDC. Pour les blocs 1 et 2, la valeur économique commencera réellement à se préciser lorsque l’exploration aura établi combien de pétrole peut être récupéré, à quel coût et par quelle infrastructure il pourra atteindre le marché.
DecryptEco | RDC & Afrique
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