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Afrique-Chine : 274 milliards USD d’échanges, mais un déficit africain de 80 milliards

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  • Les échanges de marchandises entre l’Afrique et la Chine ont atteint 273,94 milliards USD entre janvier et août 2026. L’Afrique n’a exporté que 96,93 milliards USD vers la Chine, contre 177 milliards USD d’importations.

  • Les exportations africaines ne couvrent que 55 % des achats en provenance de Chine. Au-delà du déficit, l’écart reflète une relation encore dominée par les matières premières africaines et les produits transformés chinois.

Le commerce entre l’Afrique et la Chine continue de battre des records sans réduire son déséquilibre. Sur les huit premiers mois de 2026, les échanges ont atteint 273,94 milliards USD, tandis que le déficit africain s’est établi à 80,07 milliards USD.

L’Afrique a vendu 96,93 milliards USD de marchandises à la Chine et en a acheté pour environ 177 milliards USD. Pour chaque dollar exporté vers le marché chinois, le continent en importe 1,83 dollar. Ses ventes ne financent ainsi qu’environ 55 % de ses achats.

Un an plus tôt, le déficit était proche de 59,5 milliards USD. Il s’est donc creusé d’environ 34 %, malgré la progression des exportations africaines vers la Chine.

La nature des flux importe autant que leur solde. La Chine fournit au continent des machines, des équipements, des biens intermédiaires et une large gamme de produits manufacturés. Certains de ces achats alimentent directement l’investissement et la capacité productive africaine.

Dans l’autre sens, les exportations restent fortement concentrées dans le pétrole, le cuivre, le cobalt et d’autres ressources naturelles ou produits peu transformés.

Les minerais critiques concentrent cette asymétrie. L’Afrique possède ou produit une part importante des ressources utilisées dans les batteries, les réseaux électriques et les technologies bas carbone. La Chine domine davantage les étapes situées après l’extraction.

L’Agence internationale de l’énergie (AIE) la classe comme premier pays raffineur pour 19 des 20 minerais stratégiques qu’elle suit, avec une part moyenne proche de 70 %.

La différence se retrouve dans la valeur captée. Extraire et exporter un minerai génère moins de valeur locale que le raffiner, fabriquer des composants puis intégrer ces composants dans des batteries, des équipements électriques ou d’autres produits finis.

Pékin a pourtant largement ouvert son marché aux producteurs africains. Depuis le 1er mai 2026, la Chine applique un régime de droits de douane nuls aux 53 pays africains avec lesquels elle entretient des relations diplomatiques. Trente-trois pays parmi les moins avancés bénéficiaient déjà de ce dispositif depuis décembre 2024.

Les achats chinois en provenance d’Afrique ont accéléré après l’élargissement du dispositif. Sur les mois de mai et juin, ils ont atteint environ 28,72 milliards USD, en hausse de 23,5 % sur un an.

Le potentiel commercial dépasse largement les ressources minières. La Chine comptait 1,405 milliard d’habitants fin 2025, dont près de 954 millions vivant en zone urbaine. Agroalimentaire transformé, textile, habillement et productions agricoles spécialisées disposent en théorie d’un marché beaucoup plus large dès lors que les producteurs africains peuvent satisfaire les volumes, les normes et les exigences logistiques chinoises.

La suppression des droits de douane enlève une barrière. Elle ne fournit ni capacité industrielle, ni financement, ni certification, ni logistique aux exportateurs africains.

Afreximbank insiste ainsi sur la transformation locale, les chaînes de valeur régionales, les infrastructures et le financement du commerce pour élargir la gamme des produits africains vendus à la Chine.

La différence est décisive. Une hausse des exportations de pétrole, de cuivre ou de cobalt peut réduire le déficit commercial sans modifier profondément la place de l’Afrique dans les chaînes de valeur. Une progression des produits transformés et manufacturés déplacerait davantage de revenus, d’emplois et de capacités industrielles vers le continent.

À 274 milliards USD d’échanges en huit mois, la relation Afrique-Chine a déjà atteint une taille considérable. Le déséquilibre se situe désormais moins dans le volume du commerce que dans la valeur produite de chaque côté : l’Afrique fournit encore largement les ressources, tandis qu’une part plus importante de leur transformation industrielle s’effectue ailleurs.

DecryptEco | RDC & Afrique

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