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RDC : la hausse du prix de l’or porte le bénéfice de Barrick à Kibali à 172 millions USD au T2 2026

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  • Au premier semestre 2026, Barrick Mining et AngloGold Ashanti ont comptabilisé environ 66,7 millions USD de charges de royalties liées à Kibali, contre 55,2 millions USD un an plus tôt, soit une hausse de 21 %.

  • Dans le même temps, la forte hausse du prix de l’or a considérablement amélioré la rentabilité de la mine. Au deuxième trimestre, le bénéfice attribuable à Barrick sur Kibali a atteint 172 millions USD, en progression de 93 % sur un an.

La hausse du prix de l’or produit des effets particulièrement importants sur les comptes de Kibali, l’une des principales mines aurifères de la République démocratique du Congo.

Au deuxième trimestre 2026, les ventes correspondant à la participation de 45 % de Barrick Mining dans la mine ont atteint 313 millions USD, contre 226 millions USD à la même période de 2025. Son EBITDA attribuable est passé de 121 à 206 millions USD, tandis que son bénéfice a presque doublé, passant de 89 à 172 millions USD.

La marge d’EBITDA de Barrick sur Kibali est ainsi montée d’environ 54 % à 66 % en une année. Cette progression résulte principalement de l’évolution favorable des cours internationaux.

AngloGold Ashanti, qui possède également 45 % de Kibali, indique avoir obtenu au deuxième trimestre 2026 un prix moyen de 4 430 USD l’once, contre 3 283 USD un an auparavant.

L’amélioration des revenus entraîne également une augmentation des prélèvements liés à la production.

Au premier semestre, Barrick et AngloGold ont comptabilisé ensemble environ 66,7 millions USD de charges présentées comme royalties, contre 55,2 millions USD au premier semestre 2025.

La progression atteint 21 %, nettement moins que celle enregistrée sur les bénéfices de Barrick.

Au deuxième trimestre, ces charges représentaient environ 5,3 % des ventes attribuables à Barrick et près de 5 % chez AngloGold Ashanti. Leur poids dans les revenus de Kibali a donc peu évolué malgré la forte hausse du prix de l’or.

Ces données comptables ne correspondent pas uniquement à la redevance minière prévue par la législation congolaise. Le Code minier fixe à 3,5 % le taux applicable aux métaux précieux, dont l’or.

Les montants publiés par les compagnies peuvent intégrer d’autres prélèvements assis sur la production ou sur la valeur des minerais.

La question devient plus importante lorsque les marges des producteurs augmentent beaucoup plus rapidement que les prélèvements proportionnels à la production.

Le Ghana a choisi, depuis mars 2026, d’appliquer à l’or un système de royalties progressives. Le taux commence à 5 % lorsque le prix de l’or se situe sous 1 900 USD l’once et peut atteindre 12 % au-dessus de 4 500 USD.

À Iduapriem, exploitée par AngloGold Ashanti, les charges de royalties représentaient environ 11,7 % des ventes au deuxième trimestre.

La RDC suit une architecture différente. Le taux de la redevance sur l’or reste fixé à 3,5 %, mais le Code minier prévoit également, à son article 251 bis, un impôt spécial de 50 % sur les profits excédentaires lorsque les cours des substances minières dépassent de plus de 25 % ceux retenus dans l’étude de faisabilité du projet.

Les résultats trimestriels publiés par Barrick et AngloGold ne permettent cependant pas d’établir si ce mécanisme est actuellement appliqué à Kibali, encore moins d’en mesurer les recettes versées au Trésor.

L’analyse de la contribution de Kibali ne peut donc pas s’arrêter aux royalties. Elle doit intégrer l’impôt sur les bénéfices, les autres prélèvements fiscaux et parafiscaux ainsi que la participation de 10 % détenue par l’État congolais à travers SOKIMO.

La question de la rente minière reste entière

Les spécialistes de la fiscalité extractive distinguent généralement les prélèvements assis sur la production de ceux qui permettent à l’État de récupérer une part plus importante des bénéfices exceptionnels.

Les premiers garantissent des recettes même lorsque les marges sont faibles. Les seconds deviennent particulièrement importants lorsque les cours internationaux provoquent une forte augmentation de la rentabilité.

Le FMI insiste notamment sur la nécessité, pour les pays producteurs, d’associer les royalties à des instruments capables de taxer la rente économique.

Les travaux du Forum intergouvernemental sur les mines et de l’ATAF défendent également des régimes fiscaux suffisamment progressifs pour que les États bénéficient davantage des périodes de prix élevés.

Les comptes de Kibali donnent à cette réflexion une dimension concrète. Les charges de royalties des deux principaux actionnaires ont progressé de 21 % au premier semestre, alors que le bénéfice attribuable à Barrick a bondi de 93 % au deuxième trimestre.

Ces chiffres ne suffisent pas à conclure que la RDC capte insuffisamment les revenus de Kibali. Ils montrent surtout que l’évaluation du régime fiscal congolais doit désormais porter sur l’application effective de l’impôt sur les profits excédentaires et sur l’ensemble des recettes générées par la mine.

À mesure que le prix de l’or augmente, la question n’est donc plus seulement de savoir combien Kibali produit ou combien ses actionnaires gagnent. Elle consiste à mesurer précisément la part de cette rente exceptionnelle qui reste en République démocratique du Congo.

DecryptEco

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