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L’Agence internationale de l’énergie (AIE) alerte sur une dépendance croissante aux minerais critiques. La Chine assure aujourd’hui le raffinage de 19 des 20 minerais stratégiques suivis par l’organisation, avec une part moyenne d’environ 70 % du marché mondial.
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Pour limiter les risques de ruptures d’approvisionnement, l’AIE recommande la constitution de stocks stratégiques. Selon ses estimations, le coût annuel d’exploitation d’un stock couvrant six mois d’importations de gallium serait d’environ 800 000 dollars pour l’ensemble de ses pays membres.
L’Agence internationale de l’énergie (AIE) recommande aux gouvernements de constituer des stocks stratégiques de minerais critiques afin de mieux protéger leurs économies contre les ruptures d’approvisionnement.
Dans une analyse publiée en 2026, intitulée Designing an effective strategic stockpiling system for critical minerals, l’organisation estime que les tensions observées en 2025 ont transformé un risque longtemps théorique en une menace réelle pour l’industrie mondiale.
Selon l’AIE, la Chine domine aujourd’hui le raffinage de 19 des 20 minerais stratégiques suivis par l’agence, avec une part moyenne d’environ 70 % du marché mondial.
Pour plusieurs matières premières, notamment les terres rares, le gallium, le graphite et le manganèse, cette domination dépasse même 90 %.
Plus de la moitié de ces minerais sont déjà soumis à des restrictions à l’exportation, ce qui fragilise des secteurs stratégiques comme les batteries, les semi-conducteurs, l’intelligence artificielle, l’aéronautique et la défense.
L’agence rappelle que l’ouverture de nouvelles mines ou d’unités de raffinage nécessite plusieurs années.
En attendant la diversification des chaînes d’approvisionnement, des réserves stratégiques permettraient d’assurer la continuité des activités industrielles en cas de choc.
L’AIE rappelle que son mécanisme international de stocks pétroliers, mis en place après le choc pétrolier de 1973, a déjà été activé à cinq reprises, dont en 2022 après l’invasion de l’Ukraine par la Russie.
Les coûts d’un tel dispositif demeurent relativement limités au regard des enjeux économiques.
L’AIE estime qu’un stock couvrant six mois d’importations de gallium représenterait un coût annuel d’exploitation d’environ 800 000 dollars pour l’ensemble de ses pays membres. Ce coût atteindrait près de 90 millions de dollars pour les aimants permanents à terres rares et un peu moins de 300 millions de dollars pour l’hydroxyde de lithium.
Une nouvelle dimension de la sécurité économique
L’analyse de l’AIE traduit une évolution profonde de la notion de sécurité énergétique. Après le pétrole et le gaz, les minerais critiques deviennent à leur tour des ressources stratégiques, explique un expert.
Leur disponibilité conditionne désormais la production de véhicules électriques, de batteries, de réseaux électriques, de puces électroniques et d’équipements militaires.
Pour l’agence, constituer des stocks ne remplace pas la diversification des fournisseurs, mais offre aux États un filet de sécurité capable d’amortir les crises géopolitiques et de préserver la continuité de leurs industries.
DecryptEco
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