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RDC–Visas Schengen : le système bascule vers une file d’attente automatique pour mettre fin à la course aux rendez-vous

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  • Dès le 26 octobre 2026, le Centre européen des visas (CEV) de Kinshasa introduira une file d’attente numérique permettant aux demandeurs de recevoir leurs propositions de rendez-vous par courrier électronique.

  • Cette réforme vise à limiter les pratiques des intermédiaires et à réduire le temps perdu dans les recherches, mais soulève la question de l’accès à Internet dans un pays où la connectivité demeure limitée.

La procédure d’obtention des rendez-vous pour les visas Schengen évolue en République démocratique du Congo (RDC).

À compter du lundi 26 octobre 2026, les demandeurs n’auront plus à consulter régulièrement la plateforme du Centre européen des visas (CEV) pour rechercher une disponibilité.

Concrètement, le nouveau dispositif reste numérique. Le requérant soumettra sa demande de rendez-vous en ligne. Celle-ci sera enregistrée dans une file d’attente gérée automatiquement. Lorsqu’une place pourra lui être proposée, il recevra une notification par courrier électronique.

Décidée par le ministère belge des Affaires étrangères, cette réforme devrait réduire les connexions répétitives et faciliter la planification des démarches administratives.

En novembre 2025, les autorités belges révélaient que 1 000 rendez-vous hebdomadaires pouvaient être accaparés en moins de 30 secondes, notamment par des intermédiaires utilisant des logiciels automatisés.

Cette situation alimentait un marché parallèle autour d’un service pourtant gratuit. Sur le plan économique, le temps consacré à ces recherches constitue également un coût d’opportunité.

À titre illustratif, quinze minutes quotidiennes pendant vingt jours représentent cinq heures mobilisées. Sur la base du SMIG journalier de 21 500 CDF et d’une journée théorique de huit heures, cela correspond à 13 438 CDF en équivalent de temps de travail, sans constituer une perte salariale effectivement mesurée.

Cependant, cette transformation rencontre une contrainte structurelle, celle calquée sur la fracture numérique.

Selon l’Autorité de régulation de la poste et des télécommunications du Congo (l’ARPTC), la RDC comptait, au premier trimestre 2026, près de 75 millions d’abonnements mobiles, contre 38,2 millions d’abonnements à Internet mobile, soit un taux de pénétration de 34,1 % pour ce dernier service.

De son côté, DataReportal estimait à 30,5 % la proportion de Congolais utilisant Internet fin 2025, soit environ trois habitants sur dix.

Cette réalité impose une distinction essentielle : automatiser un service ne signifie pas automatiquement le rendre accessible à tous.

Les coûts de connexion, les difficultés d’accès aux équipements numériques et la maîtrise des démarches électroniques constituent autant de contraintes susceptibles de maintenir une dépendance envers certains intermédiaires.

Par ailleurs, les critères de classement dans la nouvelle file d’attente restent à préciser. Le CEV indique que les délais de rendez-vous peuvent atteindre quatre mois durant certaines périodes.

Au-delà du dispositif informatique, la réussite de cette réforme, selon les experts, reste tributaire de sa capacité à réduire les délais, de garantir une attribution transparente et à limiter les coûts indirects supportés par les demandeurs.

L’enjeu est désormais de transformer une avancée technologique en véritable gain d’efficacité administrative.

DécryptEco | RDC & Afrique

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