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Le Président Félix Tshisekedi a ordonné un audit des infrastructures numériques publiques pour identifier les vulnérabilités susceptibles d’exposer les données sensibles et de perturber les services essentiels.
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Les finances publiques et les systèmes de paiement figurent parmi les secteurs prioritaires, dans un pays où la transformation numérique reste confrontée à d’importantes contraintes structurelles.
Lors du Conseil des ministres du 23 octobre 2026, le Président de la République, Félix Tshisekedi a demandé un audit de sécurité des infrastructures informatiques publiques pour identifier les failles et proposer des mesures urgentes de protection.
Cette instruction intervient après plusieurs alertes internationales concernant les risques d’espionnage, de sabotage et de cyberattaques. Le ministre des Postes et Télécommunications, José Mpanda Kabangu coordonnera cet audit avec celui de l’Économie numérique, Kibassa Maliba, et les structures spécialisées.
L’Intérieur et la Défense renforceront la surveillance de leurs systèmes informatiques sensibles.
Le ministère des Finances et la Banque centrale du Congo (BCC) devront, quant à eux, sécuriser les plateformes de gestion des finances publiques, les systèmes de paiement et les infrastructures financières critiques.
Le Chef de l’État exige également des mécanismes permanents d’alerte précoce, de réponse aux cyberincidents et de sensibilisation des agents publics.
Cette orientation intervient alors que la BCC explore les possibilités offertes par l’intelligence artificielle.
Le 16 septembre 2026, à Nairobi, son gouverneur, André Wameso, a préconisé une intégration prudente de l’IA dans l’analyse économique, la supervision bancaire et les paiements, avec des garanties de confidentialité et de contrôle humain.
Selon l’édition 2026 du rapport d’Interpol intitulé » African Cyberthreat Assessment Report « , publiée le 3 août, l’intelligence artificielle facilite 55 % des cyberinfractions signalées en Afrique, d’après une enquête menée auprès de 36 pays.
Les pertes financières recensées liées à la cybercriminalité sont passées de 192 millions USD en 2024 à 484 millions USD. Les faux ordres de virement et les identités numériques fictives constituent notamment des menaces pour les banques et les entreprises.
Les capacités numériques congolaises présentent néanmoins des faiblesses.
Dans son enquête de 2024 sur l’e-gouv et l’administration électronique, l’ONU classe la RDC 179e sur 193 pays, avec un indice de 0,2715 sur 1. Ce classement mesure le développement des services publics numériques.
Le pays ne dispose pas non plus d’un nombre suffisant de centres de données modernes pour couvrir ses besoins à l’échelle nationale.
Toutefois, en août 2024, le groupe Raxio a inauguré à Kinshasa un centre de données de 30 millions USD, capable d’accueillir 400 baies informatiques. OADC Texaf avait également mis en service une installation similaire dans la capitale.
Ces infrastructures favorisent l’hébergement local, le stockage sécurisé et le traitement des données, tout en améliorant les capacités numériques des entreprises. En août 2026, la RDC a validé sa Politique sectorielle de l’économie numérique et sa Stratégie nationale de l’intelligence artificielle à l’horizon 2030.
La première privilégie les infrastructures, les services numériques, les compétences et la gouvernance. La seconde cible la recherche, la maîtrise des données et les applications de l’IA dans les secteurs productifs.
Pour soutenir cette transformation, le Gouvernement avait annoncé 1 milliard USD de ressources publiques entre 2026 et 2030, auxquels s’ajoutent plus de 500 millions USD d’appuis extérieurs pour 2025-2029.
L’approche présidentielle constitue ainsi une avancée pertinente. Sa concrétisation nécessite désormais des corrections vérifiables, des investissements adaptés et une coopération permanente entre administrations, banques et entreprises pour garantir la sécurité des infrastructures numériques nationales.
DécryptEco | RDC & Afrique
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