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Les corridors Lobito et Banana seraient absents des Programmes d’investissements publics 2025-2027 et 2026-2028, malgré leur importance économique.
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Plus de 83 % des personnes interrogées ignorent les mécanismes de gouvernance de ces projets, selon une enquête du CREFDL.
Le Centre de recherche en finances publiques et développement local (CREFDL) relève plusieurs irrégularités présumées dans la gouvernance des corridors de Lobito et de Banana, deux projets stratégiques destinés à améliorer les infrastructures de transport et les échanges commerciaux de la République démocratique du Congo (RDC).
Dans un rapport publié en octobre 2026, avec l’appui de la National Endowment for Democracy (NED), l’organisation dénonce notamment l’attribution de contrats sans appel d’offres, l’insuffisance des études préalables et la faible participation des populations concernées.
Selon le CREFDL, ces deux projets ne figurent pas dans les Programmes d’investissements publics (PIP) 2025-2027 et 2026-2028, malgré leur importance économique et les engagements financiers qu’ils impliquent.
L’organisation s’interroge particulièrement sur les conditions d’attribution de la concession ferroviaire Dilolo-Sakania à Mota-Engil Africa, pour un investissement estimé à 1,258 milliard de dollars, ainsi que sur celle du port en eaux profondes de Banana au groupe DP World.
Ces deux contrats auraient été conclus de gré à gré, sans procédure concurrentielle ouverte.
Pour les spécialistes de la commande publique, la mise en concurrence permet notamment de comparer les offres, de négocier les coûts et de préserver les intérêts financiers de l’État.
Le recours au gré à gré, bien que possible dans certaines conditions, nécessite une justification conforme aux dispositions légales.
Le rapport soulève également la question des études de faisabilité. Du côté congolais du corridor de Lobito, plusieurs évaluations techniques et économiques restent attendues, selon l’organisation.
Ces études servent notamment à déterminer les coûts prévisionnels, les risques financiers, les impacts environnementaux et les bénéfices économiques attendus.
Sur le plan des finances publiques, leur absence complique l’évaluation des engagements de l’État et des recettes susceptibles d’être générées par ces infrastructures.
L’enquête du CREFDL révèle aussi un déficit d’information des communautés locales. Plus de 83 % des personnes interrogées déclarent ignorer l’existence des mécanismes de gouvernance de ces corridors.
Face à ces constats, l’organisation recommande notamment la publication des contrats, la réalisation des études nécessaires et l’intégration des projets dans la programmation des investissements publics.
Sollicité dans le cadre du droit de réponse, le ministère des Transports n’avait pas répondu aux correspondances du CREFDL au moment de la publication du rapport.
Pour les experts en gouvernance des infrastructures, la transparence contractuelle et l’implication des communautés constituent des garanties essentielles pour assurer une meilleure gestion des investissements et une répartition équitable de leurs retombées économiques.
DécryptEco | RDC & Afrique
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