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RDC–Tanzanie : avec 7,7 millions de tonnes de fret, Kinshasa veut renforcer le contrôle des flux commerciaux via Dar es Salaam

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  • Le Gouvernement congolais a adopté une stratégie visant à sécuriser et à assurer la traçabilité des marchandises transitant par le port tanzanien de Dar es Salaam, avec un accord bilatéral attendu dans un délai maximal de 90 jours.

  • Représentant 53 % du fret régional en transit par ce port, la RDC entend renforcer ses recettes douanières et améliorer la compétitivité de ses opérateurs économiques.

La République démocratique du Congo (RDC) entend renforcer son contrôle sur les flux commerciaux transitant par la Tanzanie, principal point d’accès maritime pour une partie des marchandises destinées aux provinces de l’Est et du Sud-Est.

Réuni, le vendredi 23 octobre 2026, le Conseil des ministres a adopté une stratégie présentée par le ministre du Commerce extérieur, Julien Paluku Kahongya, visant à sécuriser les importations et exportations congolaises empruntant le corridor central.

L’enjeu est considérable. Durant l’exercice 2025-2026, le port de Dar es Salaam a traité 7,77 millions de tonnes de fret destiné à la RDC, contre 5,99 millions de tonnes l’année précédente.

Cette progression de 30 % porte la part congolaise à 53 % des marchandises en transit vers les marchés régionaux, selon les données portuaires tanzaniennes.

Pour Kinshasa, cette importance commerciale impose une meilleure maîtrise des cargaisons, notamment pour limiter les pertes de recettes douanières et améliorer la traçabilité des échanges.

Concrètement, le dispositif envisagé repose sur un système électronique permettant aux administrations concernées de partager les manifestes, d’identifier individuellement les cargaisons et de détecter les anomalies tout au long de leur acheminement.

Le Gouvernement prévoit également d’accélérer l’exploitation du port sec de Kwala, en Tanzanie, destiné notamment au regroupement et à la sécurisation des marchandises congolaises.

Un contrat de concession portant sur un terminal logistique congolais de 45 hectares y avait été signé en mars 2026.

Sur le plan économique, cette stratégie traduit des ambitions complémentaires entre Kinshasa et Dodoma.

Pour la RDC, l’objectif consiste à mieux mobiliser les recettes publiques, réduire les contraintes logistiques et sécuriser l’approvisionnement de ses marchés.

Pour la Tanzanie, l’importance du fret congolais constitue un levier pour consolider la position de Dar es Salaam comme plateforme régionale et rentabiliser ses investissements portuaires et ferroviaires.

Cette interdépendance explique l’intérêt des deux pays pour une coopération douanière et logistique renforcée.

Cependant, la matérialisation de ces ambitions exige désormais des actions opérationnelles, notamment l’interconnexion des systèmes douaniers, le déploiement effectif de la traçabilité électronique et la coordination des administrations chargées du contrôle des marchandises.

À cela s’ajoutent la nécessité de préciser les responsabilités institutionnelles, de réduire les délais de transit et de rendre opérationnelles les infrastructures logistiques prévues.

L’accord bilatéral attendu dans un délai maximal de 90 jours constitue ainsi une prochaine étape pour traduire cette stratégie en mécanismes concrets, capables de sécuriser les recettes publiques et d’améliorer durablement les conditions du commerce entre les deux pays.

DécryptEco | RDC & Afrique

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