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Ancienne Directrice générale de l’ARE, Sandrine Mubenga a rejoint l’Université du Witwatersrand, à Johannesburg, comme chercheuse principale invitée.
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Spécialiste des batteries et des systèmes électriques, elle dispose d’une expertise susceptible d’intéresser l’industrie minière congolaise et la transformation locale du cobalt.
De la régulation du secteur électrique congolais à la recherche universitaire internationale, la professeure Sandrine Ngalula Mubenga poursuit un parcours consacré aux technologies énergétiques.
L’ingénieure congolaise a été nommée, le 18 août 2026, Visiting Senior Research Fellow, soit chercheuse principale invitée, à l’Université du Witwatersrand (Wits), à Johannesburg, en Afrique du Sud.
Cette fonction, confirmée par l’annuaire officiel de l’établissement, la rattache à l’École de génie électrique et informatique, où se développent des travaux sur les technologies électriques et énergétiques.
Pour comprendre la portée de cette nomination, il faut revenir sur le parcours d’une scientifique dont les recherches croisent deux préoccupations économiques congolaises : l’approvisionnement électrique des industries et la valorisation des minerais stratégiques.
Professeure associée à l’Université de Toledo, aux États-Unis, Sandrine Mubenga possède une formation doctorale en génie électrique.
Ses recherches portent notamment sur les énergies renouvelables, les véhicules électriques et les systèmes de gestion des batteries.
En juillet 2025, elle a obtenu un brevet américain, référencé US12355278B2, relatif à un dispositif permettant notamment de mesurer l’efficacité des transferts d’énergie entre cellules de batteries.
Cette technologie intervient dans la gestion électronique des batteries, un domaine essentiel pour améliorer leur fonctionnement et optimiser leur utilisation.
Son expérience dépasse néanmoins les laboratoires. Première Directrice générale de l’Autorité de régulation du secteur de l’électricité (ARE), de juillet 2020 à mars 2026, elle a participé à la mise en place du dispositif congolais de régulation électrique.
Depuis le réaménagement intervenu en février 2026, elle siège au Conseil d’administration de cette institution.
À Johannesburg, son nouveau statut universitaire prolonge une collaboration engagée dans le cadre du programme américain Fulbright, entre 2025 et 2026.
Durant cette période, elle a enseigné les énergies renouvelables et conduit des recherches sur les installations solaires, le stockage électrique et les mécanismes permettant de réinjecter l’électricité excédentaire dans les réseaux.
Son statut actuel de chercheuse invitée peut favoriser de nouvelles collaborations scientifiques, notamment dans le développement des technologies de stockage d’énergie, l’amélioration des réseaux électriques industriels et la formation de compétences spécialisées dans les batteries, des domaines stratégiques pour l’industrie minière congolaise.
Pour les entreprises minières du Haut-Katanga et du Lualaba, ces compétences présentent un intérêt concret.
L’extraction et la transformation du cuivre et du cobalt nécessitent une alimentation électrique continue. Les interruptions peuvent provoquer des arrêts de production, augmenter les coûts et perturber les installations.
Des solutions associant énergie solaire, stockage par batteries et réseaux électriques industriels pourraient contribuer à réduire certaines de ces contraintes. La Gécamines pourrait notamment bénéficier de telles recherches à travers des partenariats techniques ou universitaires.
L’autre enjeu concerne le cobalt. Selon l’Agence internationale de l’énergie ( AIE), la RDC fournit près des deux tiers du cobalt mondial. Pourtant, déplore l’agence, une grande partie de la transformation industrielle s’effectue hors du territoire national.
La maîtrise des technologies de batteries représente donc une compétence complémentaire pour développer progressivement une industrie locale, même si celle-ci nécessite également des investissements dans le raffinage, la fabrication et la qualification technique.
Sandrine Mubenga intervient aussi dans la formation des compétences.
À travers STEM DRC Initiative, organisation qu’elle a fondée en 2018, elle accompagne des jeunes Congolais vers les sciences et l’ingénierie. En 2026, la structure a notamment lancé un programme de bourses scientifiques destiné aux futurs étudiants de l’Université de Kinshasa.
Son rattachement à Wits ouvre ainsi des possibilités de coopération entre recherche universitaire, formation scientifique et industrie congolaise. Leur concrétisation nécessitera toutefois des projets identifiés, des partenaires industriels et des financements.
DécryptEco | RDC & Afrique
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