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Présenté le 9 octobre 2026 à Kolwezi, le projet de réforme du change prévoit le règlement en francs congolais des contrats de sous-traitance minière concernés.
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Les entreprises minières pourraient également devoir céder à la Banque centrale jusqu’à 30 % des dollars rapatriés, en échange de monnaie nationale. Les mesures restent en consultation.
La Banque centrale du Congo (BCC) veut accroître l’utilisation du franc congolais dans les paiements liés à l’activité minière. Dans cette perspective, son gouverneur, André Wameso Nkualoloki, a présenté cette orientation le 9 octobre 2026 à Kolwezi, dans le Lualaba, devant notamment la Fédération des entreprises du Congo (FEC), la Chambre des mines et l’Association congolaise des banques (ACB).
Le projet prévoit que les contrats de sous-traitance concernés soient exécutés et réglés en monnaie nationale, avec des obligations renforcées de justification économique et de déclaration.
Il envisage aussi de restreindre l’utilisation des recettes rapatriées pour certains paiements internationaux, notamment par l’intermédiaire de sociétés affiliées ou de structures de sous-traitance.
Pour les entreprises concernées, payer leurs prestataires en francs congolais nécessiterait de disposer d’une trésorerie dans cette monnaie.
Mais ce changement ne garantirait pas, à lui seul, une rétention durable des devises : les fournisseurs ayant des achats à l’étranger conserveraient des besoins en dollars.
Un autre volet porterait sur la conversion des recettes d’exportation. Selon Bloomberg, les entreprises minières pourraient être tenues de vendre à la BCC jusqu’à 30 % des dollars rapatriés, contre des francs congolais. Il s’agirait d’une cession de devises avec contrepartie, et non d’un prélèvement fiscal.
Cette disposition doit être distinguée de l’obligation de rapatriement.
L’article 269 du Code minier prévoit notamment que les titulaires concernés, en phase d’amortissement de leur investissement, rapatrient 60 % de leurs recettes d’exportation dans les quinze jours suivant leur encaissement sur le compte principal à l’étranger.
À titre d’illustration, une entreprise soumise à ce taux et réalisant 100 millions USD d’exportations doit rapatrier 60 millions USD. Si une conversion de 30 % s’appliquait à cette somme, elle céderait 18 millions USD contre des francs congolais, soit 18 % des recettes initiales.
Le gouverneur justifie la réforme par l’écart entre les recettes extérieures et la progression des dépôts.
Selon les chiffres de la Banque centrale du Congo, les exportations totales ont atteint 93,2 milliards USD entre 2023 et 2025, les rapatriements déclarés 54,4 milliards USD et l’augmentation des dépôts en devises 3,8 milliards USD.
Ces montants ne mesurent toutefois pas la même chose : les exportations et les rapatriements sont des flux cumulés, tandis que la hausse des dépôts représente une variation de stock. Leur écart ne permet donc pas d’établir, à lui seul, combien de devises ont quitté le pays.
La réforme vise également les paiements domestiques : loyers résidentiels, frais scolaires et académiques, soins médicaux, eau et électricité.
À fin septembre 2026, les devises représentaient encore 87,6 % des dépôts bancaires, contre 12,4 % pour le franc congolais, selon les données du gouverneur de la Banque centrale du Congo.
La BCC poursuit les consultations avec les acteurs économiques. Les sources consultées ne précisent pas le calendrier d’entrée en vigueur, le périmètre exact des contrats concernés ni les modalités de conversion, notamment le taux de change applicable.
Après l’adoption éventuelle des textes, trois indicateurs permettront d’en suivre les effets : les devises effectivement cédées à la BCC, la part des règlements de sous-traitance effectués en francs congolais et l’évolution des dépôts et des crédits en monnaie nationale.
DécryptEco | RDC & Afrique
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