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La RDC cherche à mobiliser des investissements agricoles au Forum mondial de l’alimentation, organisé à Rome du 8 au 16 octobre 2026.
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Avec un potentiel estimé à 80 millions d’hectares cultivables, le pays veut réduire sa dépendance alimentaire, alors que plus de 26,5 millions d’habitants sont confrontés à l’insécurité alimentaire aiguë.
La République démocratique du Congo (RDC) entend mobiliser davantage de capitaux publics et privés pour soutenir la relance de son secteur agricole. Cette ambition a été portée, le mercredi 14 octobre 2026, au Forum mondial de l’alimentation (World Food Forum), organisé à Rome, en Italie, sous l’égide de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO).
Représentée par le ministre d’État chargé de l’Agriculture et de la Sécurité alimentaire, Muhindo Nzangi Butondo, la RDC cherche à renforcer les partenariats financiers et techniques susceptibles d’accélérer la production alimentaire nationale.
Organisée du 8 au 16 octobre 2026 au siège de la FAO, cette rencontre internationale réunit des représentants des gouvernements, des investisseurs, des chercheurs, des organisations internationales et des acteurs de la société civile.
Les discussions portent principalement sur les investissements agricoles, l’innovation, la sécurité alimentaire et la transformation des systèmes agroalimentaires.
Pour la RDC, cette participation s’inscrit dans une stratégie de valorisation de son potentiel agricole, encore insuffisamment exploité.

Le pays revendique un potentiel d’environ 80 millions d’hectares de terres cultivables, auquel s’ajoutent d’importantes ressources hydriques et des conditions climatiques favorables à plusieurs productions agricoles.
Cette estimation du potentiel ne doit toutefois pas être confondue avec les superficies arables recensées.
Selon les données de la Banque mondiale, fondées sur les statistiques de la FAO, la RDC comptait environ 14,9 millions d’hectares de terres arables en 2023.
Cet écart illustre la différence entre les possibilités de développement agricole et les superficies effectivement classées comme arables.
Malgré ces ressources, le pays demeure fortement dépendant des importations alimentaires.
En janvier 2025, le ministre du Commerce extérieur, Julien Paluku Kahongya, estimait à plus de 3 milliards de dollars américains par an la facture des importations agroalimentaires de la RDC.
Ce montant constitue une estimation gouvernementale, et non un bilan douanier actualisé pour 2026.
La situation alimentaire nationale reste également préoccupante.
Selon une évaluation conjointe publiée le 13 mai 2026 par la FAO et le Programme alimentaire mondial (PAM), plus de 26,5 millions de Congolais, soit près d’un habitant sur quatre, éprouvent des difficultés à satisfaire leurs besoins alimentaires essentiels.
Parmi eux, plus de 3,6 millions se trouvent dans une situation d’urgence alimentaire.
Ces indicateurs traduisent les difficultés structurelles auxquelles le secteur agricole est confronté, notamment l’insuffisance des infrastructures rurales, les contraintes de financement, le faible accès aux équipements modernes et les difficultés d’acheminement des produits vers les marchés.
La mobilisation des investissements recherchés à Rome pourrait contribuer à corriger une partie de ces insuffisances.
Les financements devront notamment permettre de développer les infrastructures de production, d’améliorer l’accès aux semences et aux équipements agricoles, de renforcer les capacités de stockage et de favoriser la transformation locale des produits.
Cette démarche intervient quelques jours après le lancement officiel, le 2 octobre 2026, de la campagne agricole 2026-2027 à Nkuadi, dans la province du Kasaï-Oriental.
La cérémonie, présidée par Muhindo Nzangi Butondo, avait réuni les ministres provinciaux de l’Agriculture des 26 provinces, leurs inspecteurs ainsi que plusieurs responsables du secteur.
Le gouvernement avait alors réaffirmé son ambition de renforcer les capacités de production dans les différentes provinces et d’accompagner les producteurs agricoles.
La participation congolaise au Forum mondial de l’alimentation apparaît ainsi comme un prolongement de cette orientation nationale.
Elle s’inscrit également dans la coopération engagée avec la FAO, notamment autour de l’initiative « Main dans la main », qui comprend un projet consacré à la production de maïs en RDC.
Toutefois, la concrétisation des ambitions agricoles congolaises dépendra de la capacité du gouvernement à transformer les partenariats envisagés en financements effectifs et en projets opérationnels.
L’amélioration des rendements, la réduction des pertes après récolte et l’organisation des circuits de commercialisation constitueront des indicateurs essentiels pour mesurer les résultats de cette politique.
À terme, l’objectif consiste à accroître l’offre alimentaire nationale, réduire progressivement les achats extérieurs et améliorer les revenus des producteurs, tout en renforçant la contribution de l’agriculture à la diversification de l’économie congolaise.
DecryptEco | RDC & Afrique
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