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RDC : l’ONEM accélère sa mue numérique pour réduire les frictions du marché de l’emploi

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  • La République démocratique du Congo vient de franchir une nouvelle étape dans la modernisation de son service public de l’emploi avec le lancement officiel de la plateforme numérique de l’Office national de l’emploi (ONEM) et de l’application mobile MIKUBA, destinées à centraliser les offres d’emploi, les profils des demandeurs et les besoins des entreprises à l’échelle nationale.

  • Au-delà de la digitalisation des procédures, l’ambition est de corriger l’une des principales faiblesses du marché du travail congolais : le déficit d’information entre employeurs et candidats. Le véritable défi résidera toutefois dans l’adoption effective de ces outils par les entreprises, les chercheurs d’emploi et les administrations publiques.

La transformation numérique gagne progressivement les politiques publiques en République démocratique du Congo. Après plusieurs mois de préparation, le gouvernement a officiellement lancé à Kinshasa la nouvelle plateforme numérique de l’Office national de l’emploi (ONEM), accompagnée de l’application mobile MIKUBA, une infrastructure censée moderniser la mise en relation entre l’offre et la demande d’emploi dans un pays où l’accès aux opportunités professionnelles demeure largement fragmenté.

Présentée par le ministre de l’Emploi et du Travail, Ferdinand Massamba Wa Massamba, cette initiative marque une évolution du rôle de l’ONEM, qui ne se limite plus au placement traditionnel mais ambitionne désormais de devenir une véritable plateforme nationale de données sur le marché du travail. Les nouveaux outils permettront notamment l’enregistrement des demandeurs d’emploi, la publication centralisée des offres, la constitution d’une base nationale des compétences, le suivi des recrutements ainsi que la production de statistiques en temps réel, autant d’informations encore insuffisamment structurées en RDC.

L’enjeu dépasse largement la seule numérisation des services administratifs. Dans une économie où une grande partie des recrutements s’effectuent encore par des circuits informels, la disponibilité d’une plateforme nationale peut contribuer à améliorer la transparence, réduire les asymétries d’information et élargir l’accès aux opportunités, notamment pour les jeunes diplômés et les chercheurs d’emploi établis en dehors des grands centres urbains.

Le directeur général de l’ONEM, Me Fanon Beya Ngombe, estime que cette infrastructure numérique constitue un levier pour accompagner la stratégie nationale de création de 6,4 millions d’emplois, un objectif déjà mis en avant par les autorités congolaises. Si cette ambition reste tributaire de la capacité de l’économie à générer davantage d’investissements privés et d’emplois productifs, une meilleure organisation du marché du travail pourrait néanmoins améliorer l’efficacité des recrutements et la valorisation des compétences locales.

Partenaire technique du projet, Enabel voit dans cette réforme un instrument de rapprochement entre les besoins des entreprises et les qualifications disponibles. Cette coopération s’inscrit dans une dynamique plus large de modernisation de l’ONEM, engagée depuis plusieurs mois autour de la digitalisation des services, de l’assainissement du marché du travail et du renforcement de l’employabilité des jeunes.

Reste désormais à transformer cette innovation technologique en résultats économiques tangibles. Une plateforme numérique, aussi performante soit-elle, ne crée pas d’emplois par elle-même. Sa réussite dépendra de la confiance que lui accorderont les entreprises, du nombre d’offres effectivement publiées, de la qualité des données collectées et de sa capacité à devenir la référence nationale du recrutement formel. C’est à cette condition que MIKUBA pourra dépasser le statut d’outil numérique pour devenir un véritable accélérateur de l’inclusion professionnelle en République démocratique du Congo.

DecryptEco

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