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William Ruto affirme que le Kenya est prêt à lancer la construction de la raffinerie de Lamu. Prévue pour traiter 700 000 barils de brut par jour, l’installation doit faire l’objet d’une cérémonie de lancement le 30 septembre 2026.
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La réunion avec l’Africa Finance Corporation (AFC) intervient après une séquence financière importante pour Dangote : 2,5 milliards USD levés en placement privé en août, puis une IPO ouverte en septembre visant environ 1,6 milliard USD pour sa raffinerie nigériane. Ces opérations sont distinctes du financement de Lamu.
William Ruto veut faire passer la future raffinerie de Lamu du projet à la phase de construction. À New York, en marge de l’Assemblée générale des Nations unies, le président kényan a rencontré Aliko Dangote et Samaila Zubairu, président-directeur général de l’Africa Finance Corporation, pour discuter du financement et des derniers préparatifs du projet.
La taille annoncée place immédiatement Lamu dans une autre catégorie industrielle. Dangote prévoit une capacité de 700 000 barils par jour, soit théoriquement environ 255 millions de barils de brut traités par an si l’installation fonctionnait continuellement à pleine capacité.
Le coût actuellement avancé par Aliko Dangote se situe entre 15 et 16 milliards USD, avec une mise en service recherchée autour de 2030.
L’ordre de grandeur peut être rapproché de la facture énergétique du Kenya. Le pays a consacré environ 4 milliards USD aux importations de produits pétroliers en 2025, son premier poste d’importation.
Le coût du projet représente ainsi près de quatre fois une année d’achats pétroliers kényans, même si la raffinerie est conçue pour desservir un marché dépassant les frontières du Kenya.
La présence de l’AFC à la réunion de New York mérite aussi d’être replacée dans la stratégie financière récente de Dangote.
Le 13 août, l’institution panafricaine a conduit un placement privé de 2,5 milliards USD dans Dangote Petroleum Refinery and Petrochemicals au Nigeria. Un mois plus tard, cette société a ouvert son capital au public.
L’IPO lancée le 14 septembre porte sur 4,1 milliards d’actions à 525 nairas l’unité, soit une levée recherchée d’environ 2 150 milliards de nairas, ou 1,6 milliard USD. Les titres doivent ensuite être cotés sur le Nigerian Exchange.
Cette entrée en Bourse concerne toutefois la raffinerie nigériane et non celle de Lamu.
La Capital Markets Authority du Kenya a d’ailleurs précisé que l’offre est réglementée au Nigeria et n’a pas été soumise à son approbation pour une commercialisation au Kenya.
Le lien économique se situe plutôt dans le modèle de financement. Reuters rapportait début septembre que Dangote envisageait pour Lamu une combinaison de flux de trésorerie internes, d’émissions obligataires, de capitaux propres et éventuellement de ressources issues des marchés financiers.
Des pays d’Afrique de l’Est pourraient également prendre jusqu’à 30 % du capital du projet, mais aucun montage définitif n’a encore été rendu public.
Lamu reste donc, à ce stade, une infrastructure annoncée et en préparation. La cérémonie du 30 septembre matérialisera le début recherché des travaux ; elle ne signifie pas encore que les 15 à 16 milliards USD sont entièrement sécurisés.
À cette contrainte financière s’ajoute l’approvisionnement : le Kenya ne produit pas encore commercialement assez de brut pour alimenter une installation de 700 000 barils par jour, ce qui laisse ouverte la question des volumes régionaux et des importations maritimes.
DecryptEco | RDC & Afrique
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