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Expertise France met en œuvre en RDC deux programmes financés par l’Agence française de développement pour un montant cumulé de 37 millions d’euros : 12 millions pour les laboratoires de santé à Kinshasa et 25 millions pour l’enseignement supérieur.
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Ces financements restent ciblés face à des besoins beaucoup plus larges en compétences techniques. La Banque mondiale mobilise, à elle seule, 300 millions USD sur cinq ans dans un programme destiné à rapprocher les formations congolaises des besoins de projets comme Inga 3, le corridor de Lobito et le PACT.
Expertise France renforce son intervention en République démocratique du Congo autour d’un maillon souvent moins visible du développement : la capacité du pays à former et conserver les compétences nécessaires au fonctionnement de ses infrastructures sanitaires, scientifiques et techniques.
En visite en RDC du 14 au 16 septembre 2026, son directeur général, Jérémie Pellet, accompagné de la directrice générale déléguée Amélie Delaroche, doit notamment passer en revue deux programmes représentant 37 millions d’euros de financements de l’Agence française de développement (AFD).
Il ne s’agit pas d’un nouveau décaissement de 37 millions d’euros annoncé à l’occasion de cette mission. Cette somme additionne les enveloppes de deux projets déjà financés par l’AFD et mis en œuvre par Expertise France.
Le premier, LABOH-KIN, est doté de 12 millions d’euros. Il intervient sur les capacités de laboratoire, la qualité des diagnostics et la surveillance épidémiologique à Kinshasa.
Le communiqué du 14 septembre cible notamment cinq zones de santé périurbaines. Le programme finance aussi la formation et la maintenance des équipements biomédicaux, avec un centre dédié qui doit être inauguré à l’Institut supérieur des techniques appliquées, ISTA.
La question dépasse l’achat d’équipements. Kinshasa compte 35 zones de santé. Expertise France indiquait en mai avoir déjà formé les personnels de l’ensemble de ces zones à la surveillance intégrée des maladies et à la riposte.
L’objectif est notamment de réduire la dépendance à l’Institut national de recherche biomédicale pour certains diagnostics et de raccourcir les délais de détection en cas d’épidémie.
Les 25 millions d’euros restants financent le Projet d’appui à l’enseignement supérieur, PAES. Le programme porte sur la modernisation des formations en sciences de l’ingénieur, le renforcement du corps professoral et les partenariats entre établissements congolais et français.
Des bourses doctorales sont également prévues, notamment pour développer des compétences pouvant être mobilisées dans de grands projets comme Inga.
L’ordre de grandeur des besoins apparaît dans d’autres programmes consacrés aux compétences. La Banque mondiale a engagé 300 millions USD sur cinq ans dans son projet congolais de transformation des compétences, avec un objectif directement lié aux besoins de main-d’œuvre spécialisée d’Inga 3, du corridor de Lobito et d’autres investissements structurants.
Dans le seul programme de développement d’Inga 3, environ 10 000 personnes doivent bénéficier de formations professionnelles ou supérieures.
Expertise France est l’agence publique française de coopération technique internationale et une filiale du groupe AFD. Présente en RDC depuis 2022 et dotée d’une direction pays à Kinshasa depuis 2024, elle intervient dans la santé, l’enseignement supérieur, la gouvernance, l’inclusion économique ainsi que la paix et la sécurité. La RDC constitue, d’après l’agence, son premier pays d’intervention en Afrique subsaharienne.
Les 37 millions d’euros ne couvrent donc qu’une partie des besoins. Leur apport se situe surtout dans la formation des techniciens, chercheurs, ingénieurs et personnels de santé capables de faire fonctionner durablement des équipements et infrastructures dont le pays continue d’accroître les investissements.
DecryptEco | RDC & Afrique
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