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Afrique : les ventes de smartphones pourraient chuter de 26 % en 2026

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  • Le marché africain des smartphones devrait reculer de 26 % en 2026, selon Omdia. La hausse du coût des composants frappe surtout les appareils à moins de 100 dollars, longtemps essentiels à l’accès au numérique sur le continent.

  • Au deuxième trimestre 2026, le prix moyen d’un smartphone en Afrique a atteint 202 dollars, soit 41 dollars de plus qu’un an auparavant. Cette évolution bouleverse les habitudes d’achat et redistribue déjà les cartes entre fabricants.

Le marché africain des smartphones entre dans une phase de recul. Après trois années de croissance soutenue, les ventes devraient baisser de 26 % en 2026, selon les données publiées le 20 août par Omdia.

Les premiers signes sont déjà visibles. Entre avril et juin 2026, les expéditions de smartphones ont baissé de 7 % en glissement annuel. Il s’agit du premier recul trimestriel enregistré sur le continent depuis trois ans.

La baisse est beaucoup plus marquée sur l’entrée de gamme. Les livraisons de smartphones vendus à moins de 100 dollars ont chuté de 34 %, soit près de 3 millions d’appareils en moins sur un an.

Ces données sont issues d’une étude de marché d’Omdia, cabinet international spécialisé dans l’analyse des secteurs technologiques et des télécommunications. Ses travaux suivent notamment les volumes d’expédition, les prix et les parts de marché des fabricants de smartphones dans plusieurs régions du monde.

La mémoire fait grimper la facture

Cette contraction s’explique notamment par la hausse du prix des composants de mémoire DRAM et NAND. Très sollicités par le développement des centres de données consacrés à l’intelligence artificielle, ces composants deviennent plus coûteux pour les fabricants de téléphones.

La mémoire représente désormais près de 60 % du coût des composants d’un smartphone vendu à moins de 400 dollars. Pour les appareils de moins de 99 dollars, cette proportion dépasse 64 %.

Cette hausse pèse directement sur l’accessibilité. Selon Omdia, un smartphone d’entrée de gamme peut déjà représenter jusqu’à 73 % du revenu mensuel d’un adulte en Afrique subsaharienne.

« Nous assistons à un glissement forcé vers le haut sur le marché africain. Les fabricants ne peuvent plus produire de manière rentable des smartphones à 75 dollars », explique Manish Pravinkumar, analyste principal chez Omdia.

Au deuxième trimestre, le prix moyen d’un smartphone vendu en Afrique est ainsi passé à 202 dollars, soit une augmentation de 41 dollars sur un an.

Samsung progresse, Transsion recule

Cette évolution commence également à modifier la concurrence. Transsion, propriétaire de TECNO, Infinix et itel, reste le premier acteur du continent avec 8,3 millions d’unités expédiées au deuxième trimestre. Ses ventes ont toutefois reculé de 14 %, tandis que sa part de marché est passée de 51 % à 47 %.

Très présent sur les téléphones à moins de 100 dollars, le groupe subit directement le ralentissement de ce segment.

Samsung évolue dans le sens inverse. Le constructeur sud-coréen a augmenté ses expéditions de 15 %, à 3,9 millions d’unités. HONOR progresse également de 13 %, porté par son positionnement sur les appareils de moyenne et haute gamme.

Xiaomi et OPPO ont, en revanche, enregistré des baisses respectives de 30 % et 25 %.

Les situations restent contrastées selon les pays. Les ventes ont progressé de 17 % en Afrique du Sud, mais reculé de 11 % au Nigeria, de 15 % au Kenya et de 26 % en Égypte.

La hausse des prix pourrait ainsi ralentir l’élargissement de l’accès au smartphone en Afrique. Les consommateurs les plus sensibles aux prix sont les premiers concernés, alors que les fabricants réduisent progressivement leur exposition aux modèles les moins chers.

DecryptEco

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