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Le FMI anticipe en 2026 une hausse de 32 % des prix du pétrole, de 22 % pour le gaz naturel et de 26 % pour les engrais par rapport à 2025. En bout de chaîne, les prix alimentaires progresseraient de 8 %, sous l’effet combiné de l’énergie, des intrants agricoles et du transport.
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Cette remontée des matières premières interrompt le mouvement de désinflation engagé depuis 2024 : l’inflation mondiale passerait de 4,1 % en 2025 à 4,7 % en 2026, avant de refluer à 3,9 % en 2027. La transmission sera toutefois très inégale selon la dépendance aux importations, les taux de change et les mécanismes nationaux de fixation des prix.
L’inflation mondiale change de trajectoire. Après deux années dominées par l’espoir d’un reflux progressif des prix, le Fonds monétaire international voit réapparaître une mécanique bien connue des économies dépendantes de l’extérieur : celle d’un renchérissement qui part de l’énergie, traverse les engrais et le transport, puis gagne l’alimentation et le coût de la vie.
Dans la mise à jour de juillet de ses Perspectives de l’économie mondiale, publiée le 8 juillet, le Fonds monétaire international projette une inflation mondiale de 4,7 % en 2026, contre 4,1 % en 2025. La prévision a été relevée de 0,3 point par rapport à avril. Le mouvement de désinflation observé depuis le début de 2024 marque ainsi un coup d’arrêt.
Le premier foyer de pression se situe sur les marchés énergétiques. Le FMI table sur une progression de 32 % des prix du pétrole en 2026 par rapport à l’année précédente et de 22 % pour le gaz naturel. Son scénario retient un prix moyen du pétrole d’environ 89 dollars le baril en 2026, sur la base des marchés à terme observés au 10 juin. Ces hypothèses restent liées aux perturbations provoquées par la guerre au Moyen-Orient et à leurs effets sur les flux énergétiques mondiaux.
Mais le pétrole ne reste jamais longtemps cantonné au pétrole. Une énergie plus chère augmente le coût du transport maritime et routier, alourdit certaines dépenses industrielles et se diffuse vers les chaînes agricoles. Le rapport projette ainsi une hausse de 26 % du prix des engrais, un chiffre particulièrement sensible pour les économies où la production alimentaire dépend fortement d’intrants importés.
La transmission atteint ensuite l’assiette. Sous l’effet de l’énergie, des engrais et d’un transport plus coûteux, les prix alimentaires mondiaux augmenteraient de 8 % en 2026. Le FMI avait déjà souligné en juin que le renchérissement énergétique poussait les coûts des engrais et de l’alimentation à la hausse, avec un risque accru pour la sécurité alimentaire lorsque les perturbations se prolongent.
Cette chaîne de transmission donne une portée particulière au retour de l’inflation importée. Pour une économie qui achète à l’étranger son carburant, une partie de ses céréales, ses engrais ou ses biens intermédiaires, la hausse mondiale peut être amplifiée par une dépréciation de la monnaie locale. À l’inverse, la fiscalité sur les carburants, les subventions, les contrôles de prix et la structure des marchés peuvent ralentir ou modifier la transmission au consommateur. Le FMI insiste précisément sur ces écarts : un même choc mondial ne produit pas la même facture d’un pays à l’autre.
La géographie récente des prix l’illustre déjà. Depuis le début de la guerre, les prix de détail de l’essence ont augmenté d’environ 30 % dans les économies émergentes d’Asie, contre 15 % en Amérique latine, selon le rapport. Sur le gaz naturel liquéfié, la hausse atteint environ 50 % en Asie et 25 % en Europe, tandis que le prix américain Henry Hub n’aurait progressé que d’environ 10 %.
Le choc intervient au moment où les banques centrales espéraient consolider le recul de l’inflation. Le FMI relève que l’inflation globale mondiale a augmenté en glissement annuel pour un troisième mois consécutif en mai, tirée par l’énergie, tandis que l’inflation sous-jacente est restée jusqu’ici relativement stable dans la plupart des pays. L’institution n’observe pas, à ce stade, de désancrage généralisé des anticipations, mais constate une remontée des attentes d’inflation pour 2026.
La nouvelle poussée des prix ne ressemble donc pas à une vague uniforme. Elle suit les routes du pétrole, du gaz, des engrais, des monnaies et du commerce. Mais la séquence décrite par le FMI est nette : lorsque l’énergie renchérit, elle élargit progressivement son empreinte à la production, au transport et à l’alimentation. En 2026, c’est cette propagation qui remet l’inflation importée au centre de l’économie mondiale.
DecryptEco
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