Le Président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi, a lancé, le lundi 27 avril 2026 à Kinshasa, les premiers états généraux des Postes et Télécommunications, avec pour ambition de remettre à niveau un secteur stratégique pour la souveraineté numérique et l’efficacité de l’économie.
Devant les acteurs réunis au Centre culturel et artistique des pays d’Afrique centrale, le Chef de l’État a insisté sur la nécessité de maîtriser les réseaux et de sécuriser les infrastructures critiques. Une orientation qui traduit une prise de conscience des fragilités actuelles du système congolais, encore marqué par des insuffisances en matière de couverture, de qualité de service et de gouvernance.
Le Président a ainsi demandé un diagnostic complet, lucide et sans complaisance de l’écosystème postal et télécom. L’objectif est d’identifier les blocages structurels, notamment la fragmentation institutionnelle, les chevauchements de compétences et les limites du cadre réglementaire.
Dans la continuité, Félix-Antoine Tshisekedi a appelé à la définition d’une feuille de route opérationnelle, réaliste et mesurable. Cette dernière devra s’appuyer sur des objectifs précis et un calendrier clair, afin de structurer les réformes et d’assurer leur mise en œuvre effective.
Une réforme attendue, mais exigeante
Pour plusieurs experts du secteur, cette initiative intervient dans un moment charnière. La transformation numérique accélérée des économies africaines impose aux États de renforcer leurs capacités en matière d’infrastructures et de régulation.
Des analystes en télécommunications estiment que la RDC accuse un retard relatif dans l’intégration de ses réseaux et la modernisation de ses services postaux. Le pays reste confronté à des coûts d’accès élevés, une couverture inégale et une dépendance aux infrastructures privées, ce qui limite l’inclusion numérique.
Dans ce contexte, la demande présidentielle d’un cadre permanent de concertation est perçue comme un levier clé. Selon des spécialistes de la régulation, la réussite des réformes dépendra de la capacité à aligner les acteurs publics, les opérateurs et les partenaires techniques autour d’une vision commune.
D’autres experts insistent sur la nécessité d’un pilotage rigoureux. La mise en place d’indicateurs de performance, le suivi des investissements et l’évaluation régulière des résultats seront déterminants pour éviter que ces assises ne restent au stade déclaratif.
Par ailleurs, la question de la sécurisation des infrastructures apparaît centrale. Avec la montée des cybermenaces et la digitalisation des services publics, plusieurs observateurs soulignent l’urgence de renforcer les dispositifs de protection des réseaux et des données.
DecryptEco
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