En République démocratique du Congo, l’Autorité de Régulation de la Sous-traitance dans le secteur privé (ARSP), dirigée par Miguel Kashal Katemb, entend corriger un déséquilibre structurel dans le transport minier. Malgré des exportations de cuivre estimées à plus de 3 millions de tonnes par an, les transporteurs congolais ne représentent qu’environ 1 % des flux. Dans une déclaration livrée à la presse le vendredi 03 avril 2026, l’institution indique que la situation actuelle limite l’impact du secteur sur l’économie nationale.
« Notre pays exporte plus de 3 millions de tonnes de cuivre par an, mais les transporteurs congolais ne représentent qu’environ 1 %. Cette situation ne peut plus continuer. Il s’agit du salut de notre économie », a déclaré Miguel Kashal Katemb, directeur général de L’ARSP
L’ARSP a annoncé l’instauration prochaine d’un moratoire de 60 jours à l’endroit des entreprises minières. Cette période doit permettre la mise en conformité avec un arrêté du Vice-Premier ministre en charge des Transports, qui prévoit l’attribution de 50 % des marchés de transport aux opérateurs congolais. Une mesure existante mais encore faiblement appliquée.
À l’issue d’une réunion avec la Fédération des Entreprises du Congo (FEC), les autorités ont opté pour une approche progressive. Le moratoire agit comme une mise en demeure, avec l’objectif d’encourager les entreprises à intégrer davantage les transporteurs locaux dans leurs opérations. Miguel Kashal Katemb insiste sur l’application stricte de la réglementation, tout en veillant à préserver l’équilibre du climat des affaires et la continuité des activités économiques.
Des experts saluent une initiative cohérente avec la stratégie de promotion du contenu local. Selon eux, cette politique peut renforcer les PME congolaises, créer des emplois et favoriser la circulation de la richesse à l’intérieur du pays. Elle traduit également une volonté de réduire la dépendance aux prestataires étrangers dans une chaîne stratégique.
Cependant, des réserves sont exprimées. Les spécialistes du secteur estiment que l’application rapide de cette mesure pourrait poser des difficultés opérationnelles. Les entreprises minières dépendent d’une logistique fiable, et les transporteurs locaux ne disposent pas toujours des capacités techniques, financières et organisationnelles nécessaires pour absorber une telle part du marché.
Dans cette perspective, la réussite de cette réforme suppose un accompagnement structuré. Le renforcement des capacités des transporteurs, l’accès au financement et l’amélioration des infrastructures apparaissent comme des conditions essentielles. Sans ces ajustements, l’ambition de rééquilibrer le marché pourrait se heurter à des contraintes pratiques, avec des effets sur l’ensemble de la chaîne minière.
DecryptEco
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