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Nigeria : Dangote lance une IPO de 1,6 milliard USD, la plus grande jamais ouverte en Afrique

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  • Aliko Dangote a ouvert lundi 14 septembre à Lagos l’introduction en Bourse de Dangote Petroleum Refinery : 4,1 milliards d’actions sont proposées à 525 nairas pour lever 2 150 milliards de nairas, soit environ 1,6 milliard USD.

  •  L’opération valorise la raffinerie autour de 48 à 49 milliards USD et doit accompagner son passage de 700 000 à 1,4 million de barils par jour d’ici 2029. Elle ne finance toutefois qu’une fraction d’une expansion évaluée à 14,3 milliards USD.

Aliko Dangote a ouvert lundi à la Nigerian Exchange de Lagos la plus importante introduction en Bourse jamais lancée en Afrique. Dangote Petroleum Refinery met sur le marché 4,1 milliards d’actions nouvelles à 525 nairas l’unité, pour un produit attendu de 2 150 milliards de nairas, environ 1,6 milliard USD, si l’offre est entièrement souscrite.

Les souscriptions doivent rester ouvertes jusqu’au 13 octobre, avant un début des échanges attendu fin novembre.

L’opération porte sur environ 3,3 % du capital après émission et place la valeur de la raffinerie autour de 48 à 49 milliards USD. Une option de surallocation pourra augmenter le nombre de titres proposés si la demande dépasse l’offre et porter le montant levé jusqu’à environ 2,1 milliards USD.

L’échelle est inhabituelle pour Lagos. La capitalisation totale du marché actions nigérian s’établissait à 157 740 milliards de nairas fin août.

Avec une valorisation indicative post-offre d’environ 65 220 milliards de nairas, Dangote Petroleum Refinery représenterait à elle seule l’équivalent de plus de 41 % de cette capitalisation avant son admission. Peu d’entreprises africaines peuvent modifier à ce point la taille d’une place boursière par une seule cotation.

Dangote veut également élargir fortement la base d’investisseurs. La souscription minimale est fixée à 10 actions, soit 5 250 nairas, environ 4 USD, avec accès par des plateformes numériques.

Le milliardaire présente l’opération comme une ouverture de son principal actif industriel au grand public africain, après avoir longtemps financé son expansion à travers le capital privé, les banques et les institutions de développement.

Les investisseurs institutionnels sont entrés plus tôt, et moins cher. Un placement privé de 2,5 milliards USD réalisé en juillet pour environ 6 % du capital avait valorisé l’entreprise autour de 40 milliards USD.

Africa Finance Corporation faisait partie des investisseurs, aux côtés de fonds souverains et d’institutions de financement du développement. La valorisation retenue pour l’IPO est donc environ 20 % plus élevée, même si les participants au placement privé avaient accepté notamment des périodes de blocage de leurs titres.

La levée intervient au moment où Dangote prépare un nouvel investissement beaucoup plus important. Le groupe prévoit de consacrer 14,3 milliards USD au doublement de la capacité de raffinage, de 700 000 à 1,4 million de barils par jour d’ici 2029. À 1,6 milliard USD, le produit de base de l’IPO représente à peine 11 % de cette enveloppe.

La cotation sert donc autant à financer immédiatement l’expansion qu’à donner à l’entreprise un accès récurrent aux marchés de capitaux pour ses besoins futurs.

L’actif arrive en Bourse avec une puissance bénéficiaire qui n’existait pas encore un an auparavant. La raffinerie a dégagé 1,82 milliard USD de bénéfice net au premier semestre 2026 sur plus de 13 milliards USD de chiffre d’affaires, après une perte de 476 millions USD sur l’ensemble de 2025.

Construite pour environ 20 milliards USD et entrée en activité en 2024, elle a aussi contribué au basculement du Nigeria d’importateur net vers exportateur net de produits pétroliers raffinés.

La valorisation demeure l’un des principaux points de débat. À environ 48 milliards USD, Dangote Refinery se négocie très au-dessus de plusieurs raffineurs internationaux cotés de taille comparable.

Reuters relevait début septembre une capitalisation d’environ 12 milliards USD pour le turc Tüpraş et de 16 milliards USD pour l’américain HF Sinclair, dont la capacité atteint environ 678 000 barils par jour.

Les modèles économiques, les marchés desservis et les actifs ne sont pas parfaitement comparables, mais l’écart place des attentes élevées sur la croissance et la rentabilité futures de Dangote.

La raffinerie dépasse désormais le seul marché des carburants. Sa cotation transforme l’un des plus grands investissements industriels privés d’Afrique en actif négociable sur une Bourse africaine et donne au groupe une nouvelle source de capital pour son expansion.

Dangote envisage déjà une cotation secondaire aux États-Unis dans trois à quatre ans et dit vouloir introduire progressivement les autres sociétés de son conglomérat.

Avec 1,6 milliard USD recherchés aujourd’hui pour une expansion de 14,3 milliards, le gong de Lagos ouvre surtout une nouvelle phase financière : la croissance de Dangote Petroleum Refinery dépendra désormais moins exclusivement du bilan de son fondateur et davantage de la capacité des marchés à financer un actif industriel africain valorisé près de 50 milliards USD.

DecryptEco | RDC & Afrique

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