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RDC : 1,72 million de tonnes de cuivre exportées au S1, CMOC en tête des principaux producteurs

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  • La RDC a exporté 1,724 million de tonnes de cuivre entre janvier et juin 2026 selon le rapport semestriel de la CTCPM. Les cathodes représentent près de 86 % du total.

  • Le portail statistique de la même institution affiche toutefois 1,891 million de tonnes, soit 167 000 tonnes de plus. Cet écart intervient alors que la RDC s’est hissée au deuxième rang mondial de la production minière de cuivre, avec 3,2 millions de tonnes en 2025.

La République démocratique du Congo a exporté au moins 1,72 million de tonnes de cuivre au premier semestre 2026, portée par une industrie qui produit désormais davantage que le Pérou et n’est devancée mondialement que par le Chili.

Le rapport semestriel de la Cellule technique de coordination et de planification minière, CTCPM, comptabilise 1 724 217,20 tonnes exportées entre janvier et juin. Les cathodes de cuivre atteignent 1 477 389,32 tonnes, soit 85,7 % du total. Le reste comprend notamment du cuivre contenu dans les concentrés et du métal issu de la fusion.

La statistique nationale présente toutefois deux lectures. Le portail public du DRC Mining Data Warehouse de la CTCPM totalise 1 891 244,73 tonnes sur les mêmes six mois, soit environ 167 000 tonnes de plus, ou 9,7 %, que le rapport semestriel.

Les données mensuelles actuellement affichées sur le portail conduisent bien à ce total.

La comparaison annuelle change également selon la série retenue. Le rapport donne 1 650 188,87 tonnes au premier semestre 2025, ce qui place la hausse à 4,5 %. Le portail affiche 1 604 628,35 tonnes pour la période comparable et conduit à une progression de 17,9 %.

Les données étant provisoires, des révisions restent possibles, mais l’écart empêche de retenir un taux unique sans réconciliation méthodologique de la CTCPM.

Les cathodes restent dominées par quelques grandes opérations. Tenke Fungurume Mining arrive en tête avec 228 810,91 tonnes exportées sur six mois. Kisanfu en ajoute 113 779,21 tonnes.

Les deux actifs contrôlés par CMOC cumulent ainsi 342 590 tonnes, soit 23,2 % des cathodes exportées par le pays.

CMOC a déclaré une production de cuivre de 387 961 tonnes au premier semestre, en hausse de 9,73 % sur un an, tandis que ses ventes atteignaient 376 164 tonnes. Le cuivre représentait l’un des principaux moteurs de ses revenus miniers sur la période.

Kamoa-Kakula développe un modèle industriel différent. Le complexe d’Ivanhoe Mines a produit 135 745 tonnes de cuivre au cours des deux premiers trimestres, dans un contexte de remontée progressive de ses opérations.

Sa nouvelle fonderie transforme désormais sur place une partie des concentrés qui auraient auparavant été exportés sous une forme moins raffinée.

La fonderie a aussi produit 230 178 tonnes d’acide sulfurique au premier semestre. Ivanhoe en a vendu 227 296 tonnes pour 106 millions USD sur six mois. Cet intrant est essentiel à la lixiviation du cuivre et du cobalt dans la Copperbelt, où les approvisionnements se sont tendus avec les perturbations du commerce international et les restrictions zambiennes.

Le prix réalisé sur certaines ventes de Kamoa-Kakula devait atteindre environ 840 USD la tonne en juillet.

L’intégration de la fonderie modifie aussi l’économie logistique du projet. Ivanhoe estime que le passage de concentrés contenant environ 45 % de cuivre à des anodes d’une pureté de 99,7 % permet approximativement de doubler le cuivre transporté par chargement et de réduire de moitié les coûts logistiques associés. Une première cargaison d’anodes a déjà emprunté le corridor ferroviaire de Lobito vers l’Atlantique.

À l’échelle mondiale, la progression congolaise est désormais structurelle. L’US Geological Survey estime que la RDC a produit 3,2 millions de tonnes de cuivre minier en 2025, contre 5,3 millions pour le Chili et 2,7 millions pour le Pérou.

Le pays occupe ainsi la deuxième place mondiale, devant un producteur historique qui dominait encore largement l’offre sud-américaine il y a quelques années.

Cette position gagne en valeur à mesure que les besoins mondiaux augmentent. L’Agence internationale de l’énergie (AIE) estime désormais qu’en 2035, l’offre provenant des mines existantes et des projets annoncés pourrait rester environ 25 % inférieure aux besoins primaires de cuivre, malgré l’avancement de nouvelles capacités, notamment en RDC et en Zambie.

Les réseaux électriques, l’électrification des transports et les nouvelles infrastructures technologiques soutiennent cette demande.

La RDC dispose donc du volume. Une partie de l’industrie commence également à ajouter davantage de transformation locale, comme à Kamoa-Kakula. Mais l’écart entre 1,724 et 1,891 million de tonnes publié par deux supports officiels rappelle une autre exigence pour une puissance minière de cette taille : disposer de statistiques suffisamment cohérentes pour mesurer avec précision sa production, ses exportations et la valeur qu’elle en retire.

DecryptEco | RDC & Afrique

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