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Félix Tshisekedi a reconduit Vagheni Pay-Pay à la présidence du Conseil d’administration et Joseph Kazibaziba Maombi à la direction générale de DRC Gold Trading, tandis que Séraphin Opango Ngumbu Okese rejoint la direction comme DGA.
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La nouvelle équipe devra surtout rapprocher les résultats de l’entreprise de son objectif 2026 : exporter entre 15 et 18 tonnes d’or artisanal, contre 2,83 tonnes recensées dans les statistiques nationales en 2025.
Le président Félix-Antoine Tshisekedi a réaménagé la gouvernance de DRC Gold Trading SA, l’entreprise publique chargée de canaliser une partie de l’or artisanal congolais vers le circuit officiel. L’ordonnance présidentielle, lue le 11 septembre 2026 à la Radio Télévision télévision nationale congolaise (RTNC), maintient Vagheni Pay-Pay comme président du Conseil d’administration et Joseph Kazibaziba Maombi comme directeur général.
Séraphin Opango Ngumbu Okese est nommé directeur général adjoint. Kabianda Byamungu, Kapenda Mutshaka et Tshisekedi Ilunga figurent également parmi les membres du Conseil d’administration.
Anciennement Primera Gold DRC, DRC Gold Trading est aujourd’hui détenue à 55 % par l’État congolais, à 30 % par le Fonds minier pour les générations futures (FOMIN) et à 15 % par la Gécamines.
Sa mission consiste notamment à acheter, tracer et commercialiser l’or provenant de l’exploitation artisanale et à petite échelle, une filière où une partie des flux échappe encore au circuit officiel.
Les chiffres de 2025 donnent la mesure du défi. La production aurifère congolaise officiellement enregistrée a atteint 28,20 tonnes, contre 27,04 tonnes en 2024, soit une progression d’environ 4,3 %.
Sur ce total, seulement 2,32 tonnes provenaient du secteur artisanal, contre environ 25,88 tonnes pour l’exploitation industrielle. L’artisanal représentait ainsi à peine 8,2 % de la production déclarée.
Les statistiques d’exportation fournissent toutefois une autre référence. La Cellule technique de coordination et de planification minière (CTCPM) a recensé 2,83 tonnes d’or artisanal exportées en 2025, contre 1,76 tonne en 2024, soit une hausse d’environ 61 %. Ces exportations ont généré près de 286 millions USD.
DRC Gold Trading publie de son côté un chiffre plus élevé : l’entreprise affirme avoir exporté 3,5 tonnes en 2025, pour près de 350 millions USD injectés dans le circuit officiel. L’écart avec les données de la CTCPM atteint environ 665 kilogrammes, soit 23 %.
Les sources publiques disponibles ne permettent pas, à ce stade, de réconcilier précisément ces deux séries. Cette divergence renforce l’enjeu d’une consolidation commune des données de collecte, de production et d’exportation.
L’écart est encore plus important face à la cible 2026. DRC Gold Trading prévoit d’exporter entre 15 et 18 tonnes d’or artisanal, pour près de 2 milliards USD à rapatrier dans l’économie formelle. Rapportée aux 2,83 tonnes d’exportations artisanales officiellement recensées en 2025, la borne basse suppose de multiplier les volumes par 5,3, et la borne haute par 6,3 en une année.
L’entreprise cherche parallèlement à réduire les frictions du circuit formel. Un accord conclu en août avec la CADECO prévoit notamment l’installation de guichets bancaires dans les installations de DRC Gold afin de payer les négociants sur place et de mieux tracer les flux financiers.
Depuis février, l’entreprise fournit également de l’or artisanal à la Banque centrale du Congo dans le cadre de la constitution de réserves en or monétaire.
La nouvelle gouvernance sera donc moins mesurée à la composition de ses organes qu’à quelques indicateurs vérifiables : tonnes effectivement collectées et exportées, part des paiements bancarisés, rapprochement des statistiques publiques et recettes réellement rapatriées.
Atteindre 15 tonnes dès 2026 nécessiterait à lui seul de faire entrer dans le circuit déclaré plus de cinq fois le volume artisanal officiellement exporté en 2025.
DecryptEco
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