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RDC : Félix Tshisekedi veut accélérer la retraite de plus de 300 000 agents publics

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  • Plus de 300 000 agents et fonctionnaires de l’État auraient atteint ou dépassé l’âge statutaire de la retraite. Le Gouvernement est appelé à accélérer leur départ afin de rajeunir l’administration et d’améliorer le fonctionnement des services publics.

  • L’Exécutif devra désormais établir un programme trimestriel permanent de départs. Le principal défi reste financier : payer les indemnités de fin de carrière tout en garantissant aux nouveaux retraités leurs pensions.

La République démocratique du Congo veut accélérer le renouvellement des effectifs de son administration publique. Lors du Conseil des ministres du vendredi 28 août 2026, le Président Félix Tshisekedi a demandé au Gouvernement d’intensifier la mise à la retraite des agents ayant atteint les critères prévus par la loi.

Plus de 300 000 agents et fonctionnaires seraient concernés, aussi bien dans le régime général que dans différents régimes particuliers. Les rapports soumis au Chef de l’État font notamment état de septuagénaires, d’octogénaires et même de nonagénaires encore en activité.

Pour les agents de carrière des services publics de l’État, la législation prévoit en principe une mise à la retraite d’office à 65 ans ou après 35 années de carrière.

La loi modifiée en 2025 autorise cependant, dans certaines conditions précises, le maintien temporaire en activité ou le rappel d’un retraité disposant d’une expertise jugée indispensable.

Un problème accumulé depuis plusieurs années

Le dossier n’est pas nouveau. En juillet 2022, le Gouvernement avait adopté un plan visant la mise à la retraite de 300 000 agents éligibles à l’horizon 2026. En juillet 2025, l’Exécutif faisait encore état de plus de 314 000 agents éligibles et envisageait un mécanisme étalé sur plusieurs années pour résorber progressivement ce passif.

La nouvelle instruction présidentielle vise à rendre les départs plus réguliers. Les ministres concernés devront présenter l’état d’avancement des mises à la retraite programmées pour 2026, secteur par secteur, ainsi que les projections pour 2027.

Un plan trimestriel permanent doit ensuite être mis en œuvre pour éviter une nouvelle accumulation d’agents ayant dépassé les critères statutaires.

Le financement au centre du dispositif

La mise à la retraite ne consiste pas uniquement à retirer un agent des effectifs. Elle suppose aussi le paiement de ses droits.

La CNSSAP précise que la pension de retraite est distincte de l’indemnité de sortie, cette dernière restant à charge de l’employeur. La pension est notamment calculée à partir du traitement de base de référence et de la durée de carrière.

Le Gouvernement avait déjà étudié en 2025 un mécanisme associant les banques payeuses : celles-ci pourraient avancer les indemnités dues aux retraités avant d’être remboursées progressivement par l’État.

L’objectif était de rendre les départs plus réguliers sans concentrer toute la charge sur la trésorerie publique au même moment.

Félix Tshisekedi demande désormais l’opérationnalisation de mécanismes de financement pérennes.

L’accélération annoncée devra donc répondre à deux impératifs simultanés : libérer progressivement des postes pour renouveler l’administration et garantir un départ financièrement sécurisé aux agents arrivés au terme de leur carrière.

La Fonction publique au centre de l’exécution

La mise en œuvre de cette réforme repose principalement sur le Vice-Premier ministre chargé de la Fonction publique, appelé à piloter le processus sous la supervision de la Première ministre et en coordination avec les autres ministères concernés.

Le Budget, les Finances, l’Éducation nationale, la Justice, la Santé publique ainsi que l’Enseignement supérieur sont notamment appelés à présenter l’état d’avancement des départs programmés pour 2026 et les projections pour 2027 dans leurs secteurs respectifs.

L’enjeu sera désormais de transformer les instructions en départs effectivement exécutés. Cela suppose d’identifier les agents concernés, de programmer régulièrement les mises à la retraite et surtout de sécuriser le paiement de leurs droits.

Le Gouvernement devra ainsi démontrer sa capacité à résorber progressivement un passif ancien que les dispositifs engagés depuis plusieurs années n’ont pas encore permis d’absorber, tout en ouvrant davantage d’espace au renouvellement générationnel au sein de l’administration publique.

DecryptEco

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