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Le Haut-Lomami ne disposerait actuellement que de 4 MW pour une demande immédiate estimée à 10 MW, selon les chiffres présentés par le ministre des Ressources hydrauliques et de l’Électricité.
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Les projets annoncés changeraient l’échelle énergétique de la province, mais leur impact dépendra surtout des financements, des réseaux de transport et de distribution ainsi que des raccordements effectifs.
Le Haut-Lomami veut passer, en moins de trois ans, d’une pénurie chronique d’électricité à une capacité de production supérieure à 200 MW. Lors d’un briefing tenu le 30 juillet 2026, le ministre Aimé Sakombi Molendo aurait évalué la puissance disponible à 4 MW, contre des besoins immédiats de 10 MW. Au moment de notre vérification, cette présentation et les chiffres avancés n’étaient toutefois pas encore accessibles sur le portail officiel des briefings gouvernementaux. Ils doivent donc rester attribués au ministre.
Le plan présenté repose sur un aménagement hydroélectrique annoncé à 141 MW et sur une centrale solaire de 60 MW. Les sources publiques consultées documentent cependant un projet hydroélectrique dénommé Kalenge, dans le Haut-Lomami, dont la puissance est généralement évaluée à environ 140 MW.
Elles ne permettent pas d’identifier un ouvrage appelé « Talinge ». Une autre incohérence concerne le total annoncé : l’addition des 141 MW hydroélectriques, des 60 MW solaires et des 4 MW existants aboutit à 205 MW, et non à 210 MW. L’écart pourrait provenir d’un arrondi ou d’une installation supplémentaire non précisée, mais aucune donnée publique ne permet de le confirmer.
Même limitée à 205 MW, cette capacité représenterait un changement d’échelle considérable par rapport à la demande actuelle. Il ne faudrait pourtant pas confondre puissance installée et électricité effectivement livrée. La rentabilité économique des ouvrages dépendra des lignes d’évacuation, des postes de transformation, des réseaux urbains et ruraux, de la maintenance ainsi que de la capacité des ménages et des entreprises à payer le service.
L’Institut français des relations internationales souligne que l’expansion minière et le développement des activités de transformation en RDC exigent davantage d’électricité, tandis que les insuffisances des infrastructures de transport, de la gouvernance et de la maîtrise d’ouvrage freinent encore les investissements.
À Kamina, l’usine de captage et de traitement d’eau de Lovoyi constitue l’autre infrastructure phare. Sa capacité est estimée entre 7 000 et 10 000 mètres cubes par jour. Encore en phase d’essais techniques au début de juillet, son inauguration figurait parmi les activités annoncées dans le cadre de la visite présidentielle de la fin du mois.
Ces projets s’inscrivent dans le Compact énergétique national, qui vise à faire passer l’accès à l’électricité de 21,5 % en 2024 à au moins 62 % en 2030. Le rapport de progrès de Mission 300 recense 652 000 bénéficiaires supplémentaires en 2025, mais aussi 14 réformes en retard sur 44 et aucune action encore entièrement achevée en janvier 2026.
Pour le Haut-Lomami, la prochaine donnée décisive ne sera donc pas la puissance annoncée, mais le calendrier financier et physique des travaux.
DecryptEco
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