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La DFC américaine engage jusqu’à 4,84 millions de dollars pour accélérer les études, les autorisations et l’usine pilote du projet Ampasindava.
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Modeste face aux 150 millions de dollars nécessaires à son développement, ce soutien marque surtout l’entrée stratégique des États-Unis dans la bataille africaine des minerais critiques.
Washington a choisi Madagascar pour ouvrir une nouvelle brèche dans la domination chinoise des terres rares. La US International Development Finance Corporation, ou DFC, s’est engagée à apporter jusqu’à 4,84 millions de dollars au projet Ampasindava, développé par Harena Rare Earths sur la côte nord-ouest de l’île. Les fonds doivent financer les travaux d’autorisation, les études environnementales et sociales ainsi qu’une usine pilote destinée à valider le procédé avant l’étude de faisabilité définitive.
Le montant reste limité au regard des quelque 150 millions de dollars nécessaires au développement du projet. Son poids est surtout politique : il constitue le premier engagement financier direct du gouvernement américain dans Ampasindava et donne à la DFC un droit de considération pour un financement ou un investissement ultérieur, sans garantie à ce stade. Washington inscrit explicitement cette opération dans sa stratégie de diversification des chaînes d’approvisionnement en minerais critiques en Afrique.
Ampasindava est un gisement d’argiles ioniques contenant notamment du néodyme, du praséodyme, du dysprosium et du terbium, des éléments utilisés dans les aimants permanents destinés aux véhicules électriques, aux éoliennes, à l’électronique avancée et aux équipements de défense. Harena vise une production annuelle d’environ 4 000 tonnes d’oxydes de terres rares, dont 1 700 tonnes de terres rares magnétiques à forte valeur. La société prévoit un démarrage au milieu de 2028, mais doit encore obtenir son permis d’exploitation.
Cette échéance place le projet au cœur d’une compétition industrielle plus large. La Chine représente environ 60 % de l’extraction mondiale des terres rares magnétiques et plus de 90 % de leur raffinage, selon l’Agence internationale de l’énergie. Sa part dans la production des aimants permanents frittés atteignait même 94 % en 2024. La vulnérabilité occidentale ne réside donc pas seulement dans l’accès au minerai, mais dans la maîtrise de la séparation, du raffinage et de la fabrication des aimants.
Harena étudie précisément des solutions de transformation aux États-Unis et en Europe, en citant MP Materials, USA Rare Earth et Solvay parmi les partenaires potentiels. Aucun accord industriel définitif n’a toutefois été annoncé. Pour Madagascar, le choix du lieu de raffinage sera déterminant : il dira si Ampasindava demeure un projet d’extraction tourné vers l’exportation ou devient le point de départ d’une chaîne de valeur plus intégrée, susceptible de développer les compétences locales, les emplois qualifiés et les recettes publiques.
Le pari américain ne se mesure donc pas encore à la taille du chèque. Il se jugera à la capacité de Washington et de ses partenaires à convertir ce financement préparatoire en permis, en capital de construction et en débouchés industriels crédibles. Ampasindava pourrait alors devenir moins une mine isolée qu’un test grandeur nature de la stratégie occidentale de réduction de sa dépendance aux chaînes chinoises.
DecryptEco
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