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Face à une flambée d’Ebola qui déborde désormais de son épicentre en Ituri, le président Félix Tshisekedi a désigné le virologue Steve Ahuka comme manager de terrain de la riposte. Cette décision intervient alors que le dernier bilan officiel fait état de près de 1 900 contaminations et de 700 décès.
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En portant à la tête des opérations l’un des principaux spécialistes congolais des maladies émergentes, Kinshasa mise sur un pilotage plus opérationnel pour reprendre l’avantage sur une épidémie dont la progression menace désormais plusieurs provinces.
La riposte contre Ebola entre dans une nouvelle phase en République démocratique du Congo. Réuni le 13 juillet à la Cité de l’Union africaine, le président Félix Tshisekedi a décidé de renforcer le commandement opérationnel de la lutte contre l’épidémie en nommant le Dr Steve Ahuka manager de terrain, un poste chargé de coordonner directement les interventions alors que le virus poursuit son expansion au-delà de la province de l’Ituri.
Cette décision traduit un changement d’approche. Après plusieurs semaines marquées par une hausse continue des contaminations, les autorités cherchent à accélérer l’exécution de la riposte sur le terrain. Le ministre de la Santé, Roger Kamba, a présenté devant la Task Force nationale un bilan de 1 900 cas recensés et 700 décès, des chiffres qui confirment la gravité de la dix-septième épidémie d’Ebola que connaît le pays. Des données plus récentes de la surveillance sanitaire évoquent même 1 926 cas et 702 décès, signe que la situation continue d’évoluer rapidement.
Le choix de Steve Ahuka est loin d’être symbolique. Médecin, professeur de microbiologie et de virologie à la Faculté de médecine de l’Université de Kinshasa, il dirige le département de virologie de l’Institut national de recherche biomédicale (INRB), laboratoire de référence de la RDC pour les maladies émergentes. Fort d’environ vingt années d’expérience dans la recherche scientifique, la gestion des épidémies et la coordination des structures opérationnelles du ministère de la Santé, il figure parmi les experts congolais les plus reconnus dans la lutte contre les crises sanitaires.
Au-delà du changement de gouvernance, l’urgence demeure de casser les chaînes de transmission. Le gouvernement affirme que les campagnes de sensibilisation commencent à produire des résultats encourageants. Plus de 300 patients ont déjà été déclarés guéris, selon Roger Kamba, qui insiste sur l’importance d’une prise en charge précoce afin de réduire la mortalité et de limiter la propagation du virus.
La communauté internationale reste mobilisée. Devant la Task Force, le chargé d’affaires des États-Unis en RDC, Lan J. McCary, a rappelé que Washington avait déjà consacré plus de 600 millions de dollars au financement de la riposte, confirmant la poursuite de cet appui alors que la RDC fait face à l’une des crises sanitaires les plus complexes de ces dernières années.
Pour les autorités congolaises, la bataille ne se gagnera plus uniquement dans les laboratoires ou les centres de décision de Kinshasa. Elle se jouera désormais sur le terrain, dans la rapidité du dépistage, le suivi des contacts, la confiance des communautés et la capacité à contenir une épidémie dont chaque jour de retard accroît le risque d’une propagation plus large.
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