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Le cuivre s’échangeait jeudi autour de 6,27 dollars la livre à New York, soit plus de 13 800 dollars la tonne, après une envolée qui l’avait porté au-delà de 14 000 dollars fin mai. Derrière cette puissance apparente, Macquarie décrit pourtant un marché abondamment approvisionné, où les stocks visibles ont gonflé de plus de 870 000 tonnes depuis début 2025.
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Pour la RDC, la séquence est à double tranchant : la flambée des cours renforce la valeur stratégique de son sous-sol, mais la baisse des perspectives de Kamoa-Kakula à 290 000-330 000 tonnes en 2026 montre qu’un cuivre cher ne compense pas mécaniquement les fragilités de la production.
Le cuivre n’a jamais semblé aussi puissant, ni son rallye aussi contesté. Jeudi, le métal rouge évoluait autour de 6,27 dollars la livre à New York, l’équivalent d’un peu plus de 13 800 dollars la tonne, en hausse de 2,6 % à la mi-journée. Une poussée nourrie par l’environnement macroéconomique, les tensions commerciales américaines et des flux spéculatifs qui ont propulsé le métal de moins de 12 000 dollars fin mars à plus de 14 000 dollars fin mai.
Mais sous l’euphorie des écrans, le marché physique raconte une histoire autrement moins flamboyante. Dans une nouvelle analyse, Macquarie estime que le cuivre reste prisonnier d’un écart devenu considérable entre l’optimisme des investisseurs et l’affaiblissement des fondamentaux. Les stocks visibles auraient augmenté de plus de 870 000 tonnes depuis janvier 2025. Les inventaires du London Metal Exchange évoluent à des sommets de huit ans, ceux du Comex à des niveaux sans précédent, tandis que quelque 550 000 tonnes supplémentaires seraient entreposées hors marché aux États-Unis.
La mécanique est presque paradoxale. L’Amérique aspire le métal, les opérateurs arbitrant entre les marchés CME et LME dans l’anticipation de nouvelles mesures commerciales. Washington a déjà remodelé son dispositif tarifaire sur les produits métalliques et envisage d’étendre le périmètre des produits de cuivre en aval concernés par des droits pouvant atteindre 50 %. Ce déplacement des stocks vers les États-Unis entretient ailleurs une impression de rareté que Macquarie juge en partie artificielle.
La Chine, premier consommateur mondial, refroidit encore le tableau. À ces niveaux de prix, les acheteurs se montrent plus prudents ; les stocks saisonniers ont augmenté malgré des importations plus faibles et des exportations plus élevées. Macquarie a ramené sa prévision de croissance de la demande mondiale en 2026 de 2 % à 1,8 %, avec seulement 1,1 % pour la Chine, lestée par l’atonie persistante de l’immobilier.
C’est ici que la RDC entre brutalement dans l’équation. À Kamoa-Kakula, l’un des actifs cuprifères les plus stratégiques de la planète, Ivanhoe Mines maintient désormais une prévision de 290 000 à 330 000 tonnes pour 2026. La trajectoire a été revue à la baisse après les graves perturbations souterraines de 2025 et les opérations de récupération qui ont suivi. Le chiffre est officiel : au premier trimestre 2026, le complexe avait produit 61 906 tonnes de cuivre, tandis qu’Ivanhoe confirmait sa nouvelle fourchette annuelle.
Le choc dépasse les frontières congolaises. En Indonésie, Grasberg reste engagé dans une longue remontée après la coulée de boue meurtrière de 2025 ; Freeport-McMoRan maintient un retour à pleine production d’ici fin 2027. Deux géants perturbés, deux rappels de la même réalité : l’offre minière demeure vulnérable, même lorsqu’un surplus de métal raffiné pèse sur le marché.
Macquarie chiffre le paradoxe sans détour : après un excédent estimé à 600 000 tonnes en 2025, le marché afficherait encore un surplus de 262 000 tonnes cette année, puis plus de 700 000 tonnes en moyenne en 2027 et 2028. La banque a pourtant relevé sa prévision de prix moyen pour 2026 à 13 165 dollars la tonne, contre 12 310 dollars auparavant, tout en envisageant un plancher de 11 000 dollars au troisième trimestre 2027.
Pour Kinshasa, le message est limpide. À court terme, un cuivre au-dessus de 13 000 dollars peut gonfler la valeur des exportations, soutenir les recettes minières et renforcer l’attractivité du Copperbelt congolais. Mais la rente du prix ne remplace ni les volumes perdus ni la continuité opérationnelle. Dans un marché où la finance peut pousser le métal bien plus vite que la consommation réelle, la puissance minière de la RDC se mesurera moins à la flambée d’un graphique qu’à sa capacité à transformer ses réserves exceptionnelles en tonnes effectivement produites, exportées et fiscalisées.
DecryptEco
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