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Publiée le 1er juillet par le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), une nouvelle étude estime que la 17ᵉ épidémie d’Ebola en République démocratique du Congo pourrait provoquer un choc économique régional sans précédent, avec des pertes atteignant jusqu’à 3,6 milliards de dollars dans le scénario le plus défavorable.
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Loin d’être une simple crise sanitaire, l’épidémie menace les échanges commerciaux, les investissements, l’emploi et les finances publiques de plusieurs pays d’Afrique centrale et de l’Est, faisant planer le risque d’une véritable crise de développement.
La menace dépasse désormais largement les centres de traitement d’Ebola installés dans l’est de la République démocratique du Congo. Elle s’étend aux marchés, aux corridors commerciaux, aux entreprises et aux budgets publics. Dans une évaluation publiée le 1er juillet, le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) avertit que la flambée épidémique en cours pourrait rapidement se transformer en un choc économique régional dont les effets seraient ressentis bien au-delà des frontières congolaises.
L’étude marque une rupture avec les analyses traditionnellement centrées sur les conséquences sanitaires d’Ebola. Elle s’intéresse aux mécanismes par lesquels une épidémie localisée peut fragiliser la croissance, désorganiser les chaînes d’approvisionnement, ralentir le commerce régional et réduire les investissements dans une partie de l’Afrique déjà confrontée à de fortes vulnérabilités sécuritaires et économiques.
Les chiffres avancés donnent la mesure du risque. Dans un premier scénario, où l’épidémie resterait essentiellement circonscrite à la RDC et à l’Ouganda, le PNUD estime que l’économie congolaise pourrait perdre plus d’un milliard de dollars, soit une contraction de 1,64 % du produit intérieur brut. Près de 55 000 emplois disparaîtraient, tandis que les finances publiques seraient mises sous pression par l’augmentation des dépenses sanitaires et la baisse des recettes fiscales.
Mais le rapport montre surtout que le principal danger réside dans les effets de contagion économique. Même sans propagation massive du virus dans les pays voisins, les contrôles renforcés aux frontières, les retards logistiques, les restrictions de circulation et la perte de confiance des investisseurs pourraient coûter près de 2,4 milliards de dollars à l’ensemble du continent. Les économies les plus dépendantes des échanges régionaux, comme l’Angola, le Rwanda, la Zambie ou encore le Soudan du Sud, figurent parmi les plus exposées aux répercussions indirectes de cette crise.
Le scénario le plus préoccupant associe toutefois cette épidémie à une aggravation des tensions géopolitiques mondiales, notamment sur les marchés pétroliers et des engrais. Dans cette hypothèse de « polycrise », les pertes économiques atteindraient 3,6 milliards de dollars en Afrique et près de 328 000 emplois seraient détruits. Cette projection illustre la manière dont une urgence sanitaire peut amplifier des fragilités économiques déjà alimentées par les conflits, les perturbations commerciales et les tensions sur les matières premières.
Le PNUD met également en garde contre une dégradation rapide des indicateurs sociaux. En République démocratique du Congo, près de 985 000 personnes supplémentaires pourraient basculer dans l’extrême pauvreté. Les fermetures d’écoles et les difficultés économiques risqueraient de priver des dizaines de milliers d’enfants d’éducation, tandis que la saturation des structures de santé pourrait provoquer une hausse de la mortalité liée à des maladies pourtant évitables. Les femmes seraient les plus durement touchées, en raison de leur forte présence dans le commerce transfrontalier informel, les soins aux malades et les activités de subsistance.
Le rapport rappelle également que cette épidémie présente une caractéristique qui renforce son niveau de risque : elle est provoquée par le virus Bundibugyo, contre lequel il n’existe à ce jour ni vaccin homologué ni traitement spécifique. Cette absence d’outil médical efficace accroît la dépendance aux mesures de surveillance, d’isolement et de restriction des mouvements, avec des conséquences économiques potentiellement plus lourdes que lors des précédentes flambées d’Ebola.
Pour les auteurs de l’étude, la réponse ne peut donc plus être exclusivement sanitaire. Ils plaident pour une stratégie intégrée combinant soutien aux ménages les plus vulnérables, maintien des corridors commerciaux, financement rapide des systèmes de santé et renforcement de la coopération régionale. L’objectif est d’éviter qu’une épidémie concentrée dans quelques provinces de l’est de la RDC ne se transforme en une crise économique continentale.
Le message du PNUD est sans ambiguïté : dans une Afrique où les économies sont de plus en plus interdépendantes, les virus ne circulent pas seuls. Ils voyagent avec les marchandises, perturbent les investissements, fragilisent les finances publiques et ralentissent la croissance. Plus la riposte tarde, plus le coût économique risque de dépasser largement celui de la maladie elle-même.
DecryptEco
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