Après près de quinze années d’interruption, le train urbain de Kinshasa a effectué son retour avec un premier trajet officiel entre la Gare centrale et l’aéroport international de N’djili, sous l’impulsion du président Félix Tshisekedi.
La remise en service de cette ligne ferroviaire de 25 kilomètres vise à désengorger les principaux axes routiers d’une métropole de près de 18 millions d’habitants et s’inscrit dans la stratégie de modernisation des transports de la capitale.
Après près de quinze ans d’inactivité, les rails de Kinshasa reprennent du service. À l’occasion du 66ᵉ anniversaire de l’indépendance de la République démocratique du Congo, le président Félix Tshisekedi a effectué, le mardi 30 juin 2026, un trajet inaugural à bord du train urbain reliant la Gare centrale à l’aéroport international de N’djili.
Longue de 25 kilomètres, cette ligne marque la première étape de la relance du transport ferroviaire urbain dans la capitale.
L’objectif est d’offrir une alternative aux déplacements routiers dans une ville où les embouteillages constituent l’un des principaux obstacles à la mobilité quotidienne.
Cette remise en circulation intervient dans un contexte de forte croissance urbaine.
À ce jour, Kinshasa compte près de 20 millions d’habitants, la capitale figure parmi les villes à la croissance démographique la plus rapide d’Afrique, une évolution qui exerce une pression croissante sur les infrastructures de transport et les services urbains.
Le gouvernement poursuit plusieurs objectifs à travers cette relance.
Il entend contribuer au désengorgement des principaux axes routiers, où les embouteillages ralentissent chaque jour les activités économiques.
Les autorités misent également sur une offre de transport à tarif stable et accessible afin de réduire le coût des déplacements pour les usagers.
La remise en service du train s’accompagne aussi d’une opération de récupération des emprises ferroviaires, dont plusieurs tronçons avaient été occupés de manière anarchique au fil des années.
Une stratégie de mobilité à l’échelle de la capitale
À l’issue de ce premier voyage, le Chef de l’État a plaidé pour la poursuite de la modernisation du réseau.
Il a souhaité que le trafic soit progressivement étendu vers la partie ouest de Kinshasa, entre la Gare centrale et Kintambo Magasin, afin d’élargir la couverture du transport ferroviaire urbain.
Cette relance s’inscrit dans un programme plus large d’amélioration de la mobilité à Kinshasa. Elle vient compléter d’autres projets structurants, notamment la future rocade de contournement, appelée à mieux répartir les flux de circulation et à réduire la pression sur les axes traversant le centre-ville.
L’ambition est de construire progressivement un réseau de transport capable d’accompagner l’expansion de la capitale.
Pour le gouvernement, l’exploitation commerciale pourrait débuter dans moins de trois semaines.
L’objectif affiché est de ramener le temps de parcours entre la Gare centrale et l’aéroport international de N’djili à environ 20 à 30 minutes, contre des durées souvent bien plus longues par la route selon les conditions de circulation.
Pour plusieurs spécialistes de l’aménagement urbain, le retour du train constitue une avancée importante, mais il ne représente qu’une partie de la réponse aux défis de mobilité de Kinshasa.
Ils estiment que les gains les plus durables dépendront de la complémentarité entre le rail, les infrastructures routières, les rocades et les transports collectifs, ainsi que d’un entretien régulier des équipements et d’une planification urbaine adaptée à une métropole dont la population continue de croître rapidement.
DecryptEco
Laisser un commentaire