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Réunies du 16 au 19 juin 2026 à Bakou, les Assemblées annuelles de la Banque islamique de développement (BID) ont débouché sur la signature de 67 accords représentant 6 milliards de dollars et l’approbation de 2,8 milliards de dollars de nouveaux financements.
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Du Burkina Faso à la Côte d’Ivoire, en passant par Djibouti, la Gambie et la Somalie, l’Afrique s’est imposée comme l’une des principales bénéficiaires de cette nouvelle vague d’investissements destinés à soutenir l’énergie, l’agriculture, les infrastructures et le secteur privé.
Bakou n’a pas seulement accueilli un rendez-vous institutionnel. Pendant quatre jours, la capitale azerbaïdjanaise est devenue le centre de gravité financier d’une partie du monde émergent. Du 16 au 19 juin 2026, plus de 4 400 participants issus de 78 pays, dont des chefs d’État, ministres des Finances, gouverneurs de banques centrales et représentants de 46 organisations internationales, se sont réunis à l’occasion de la 51e Assemblée annuelle du Groupe de la Banque islamique de développement (BID), sous le thème : « Intégration régionale pour une prospérité durable ».
À l’heure où de nombreux pays en développement font face à un durcissement des conditions de financement sur les marchés internationaux, les annonces réalisées à Bakou ont confirmé le rôle croissant de la BID comme acteur majeur du financement du développement dans le Sud global.
Dans son discours de clôture du 19 juin, le président du Groupe de la BID, Muhammad Al Jasser, a annoncé la signature de 67 accords représentant un montant global de 6 milliards de dollars, conclus avec dix pays membres, plusieurs institutions régionales et des entreprises du secteur privé. À cette enveloppe s’ajoutent 2,8 milliards de dollars de nouveaux financements approuvés pour neuf projets stratégiques visant à renforcer la connectivité régionale, la sécurité énergétique, la résilience climatique et les systèmes alimentaires.
« Nous quittons Bakou avec bien plus que des accords sur papier. Nous partons avec des partenariats consolidés, des priorités plus claires et un sens renouvelé de responsabilité partagée », a déclaré Muhammad Al Jasser devant les délégations participantes.
Au-delà des chiffres, les assemblées ont surtout confirmé une orientation de plus en plus visible au sein de l’institution : faire de l’Afrique l’un des principaux pôles d’intervention de la prochaine décennie.
Le Burkina Faso est apparu comme l’un des grands bénéficiaires de cette édition. Le 19 juin, Ouagadougou a signé avec l’International Islamic Trade Finance Corporation (ITFC), filiale du Groupe BID, un accord-cadre de 1 milliard de dollars couvrant la période 2026-2030. L’enveloppe vise à financer des projets dans les secteurs de l’énergie, de la sécurité alimentaire, de la santé, des chaînes de valeur agricoles et du développement du secteur privé.
Quelques heures plus tard, le ministre burkinabè de l’Économie, des Finances et de la Prospective, Aboubakar Nacanabo, était élu président du Conseil des gouverneurs de la BID pour un mandat d’un an, une distinction qui place le Burkina Faso à la tête de l’organe suprême de gouvernance de l’institution.
L’engagement africain ne s’est pas limité à Ouagadougou. La Côte d’Ivoire et Djibouti ont chacune obtenu des accords-cadres de 750 millions de dollars, tandis que la Gambie a sécurisé une enveloppe de 250 millions de dollars destinée à soutenir son développement économique au cours des prochaines années.
Parallèlement, un programme de coopération de 45 millions de dollars a été lancé en faveur de la Somalie pour la période 2026-2028. Ce dispositif cible les infrastructures, la sécurité alimentaire et le développement du capital humain dans un pays confronté à des défis structurels persistants.
Au total, l’ITFC a annoncé avoir conclu 2,9 milliards de dollars d’accords durant les quatre jours de rencontres, illustrant l’accélération de son activité dans les économies émergentes et en développement.
Les discussions ont également mis en lumière la montée en puissance du Groupe BID sur la scène du financement international. Selon les données présentées par Muhammad Al Jasser, les approbations de financement de l’institution ont progressé de 20 % en 2025, atteignant près de 16 milliards de dollars, tandis que les décaissements ont augmenté à 11 milliards de dollars, contre 9,2 milliards de dollars en 2024. Depuis sa création en 1974, le Groupe a mobilisé environ 209 milliards de dollars en faveur de ses pays membres.
Le volet humanitaire a également occupé une place importante à Bakou. Un accord conclu entre la BID et Islamic Relief USA prévoit une aide d’urgence de 7 millions de dollars destinée au Soudan. Ce programme devrait bénéficier à près de 375 000 personnes affectées par les conséquences du conflit qui secoue le pays.
Au-delà des annonces financières, les Assemblées de Bakou ont marqué l’entrée en vigueur du nouveau cadre stratégique 2026-2035 du Groupe de la BID. Ce plan ambitionne d’accélérer les investissements dans les infrastructures, le commerce, la transition énergétique, la sécurité alimentaire et l’intégration régionale.
« L’an dernier, nos actionnaires ont fixé la direction ; cette année, nous avons résolument basculé vers l’exécution et l’impact », a résumé Muhammad Al Jasser.
Pour l’Afrique, le message est clair. Dans un contexte marqué par la raréfaction des financements concessionnels et la hausse du coût de la dette, la Banque islamique de développement entend renforcer son rôle de partenaire stratégique du continent. Les engagements annoncés à Bakou traduisent une volonté d’accompagner davantage les économies africaines dans leur quête de transformation structurelle, de résilience et de croissance durable.
DecryptEco
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