- La suspension de la taxe de 10 % sur les exportations de concentrés de cuivre est prolongée jusqu’au 30 septembre 2026 afin de permettre l’écoulement de 271 742 tonnes de stocks accumulés.
- Cette décision intervient alors que plusieurs fonderies zambiennes connaissent des arrêts prolongés pour maintenance, au moment où le pays cherche à porter sa production de cuivre de 890 346 tonnes en 2025 à 3 millions de tonnes d’ici 2031.
La Zambie a décidé de prolonger jusqu’au 30 septembre 2026 la suspension des droits d’exportation de 10 % sur les concentrés de cuivre, une mesure destinée à soulager les producteurs confrontés à l’accumulation de stocks de minerai non traité en raison des difficultés opérationnelles touchant plusieurs fonderies du pays.
Cette décision illustre le délicat arbitrage auquel est confronté le gouvernement zambien : maintenir sa stratégie de transformation locale des minerais tout en évitant que les contraintes industrielles ne pénalisent la production dans un secteur qui représente l’épine dorsale de l’économie nationale.
La mesure couvre 271 742 tonnes de concentrés de cuivre et constitue une extension d’un dispositif initialement introduit en août 2025 pour faire face à la saturation des capacités de traitement domestiques.
Deuxième producteur africain de cuivre derrière la République démocratique du Congo, la Zambie exporte traditionnellement l’essentiel de sa production sous forme de cathodes raffinées, un produit à plus forte valeur ajoutée que les concentrés. Toutefois, les interruptions prolongées observées dans plusieurs fonderies ont considérablement réduit les capacités locales de transformation ces derniers mois.
Le principal bénéficiaire de cette exemption est Mopani Copper Mines, détenu conjointement par International Resources Holding d’Abou Dhabi et la société publique zambienne ZCCM-IH. Le groupe dispose d’un quota d’exportation exonéré de 100 000 tonnes de concentrés de cuivre.
Viennent ensuite Lumwana Mining Company avec 56 986 tonnes, puis First Quantum Minerals et Nkana Mining and Minerals Processing, chacun bénéficiant d’un quota d’environ 43 000 tonnes.
L’exemption concerne également Lubambe Copper Mine, contrôlée à 70 % par le groupe chinois JCHX Mining, ainsi que Konkola Copper Mines, détenue par Vedanta Resources.
Au-delà de la gestion des stocks, cette décision révèle les tensions structurelles auxquelles fait face l’industrie cuprifère zambienne. Alors que Lusaka ambitionne de tripler sa production nationale à 3 millions de tonnes par an d’ici 2031, les infrastructures de traitement et de raffinage apparaissent comme un maillon critique de la chaîne de valeur minière.
En 2025, la production nationale s’est établie à 890 346 tonnes, en deçà de l’objectif gouvernemental du million de tonnes. Pour atteindre son ambition à l’horizon 2031, la Zambie devra attirer plusieurs milliards de dollars d’investissements dans l’extraction, le raffinage et les infrastructures énergétiques associées.
Cette évolution est suivie avec attention en Afrique centrale, notamment en RDC où les chaînes d’approvisionnement minières demeurent étroitement intégrées avec celles de la Zambie. Les perturbations observées dans les fonderies zambiennes ont déjà affecté la disponibilité de certains intrants stratégiques, notamment l’acide sulfurique utilisé dans le traitement du cuivre et du cobalt congolais.
Pour les investisseurs, le signal envoyé par Lusaka est clair : la priorité immédiate est de préserver les volumes de production et les recettes d’exportation, même au prix d’un assouplissement temporaire de la politique de transformation locale. À plus long terme, le succès de la stratégie minière zambienne dépendra toutefois de sa capacité à renforcer ses capacités métallurgiques domestiques afin de capter une part plus importante de la valeur créée par le cuivre, métal devenu central dans la transition énergétique mondiale et l’expansion des infrastructures liées à l’intelligence artificielle.
DecryptEco
Laisser un commentaire