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Afrique : la valeur ajoutée manufacturière atteint 322 milliards USD, mais l’industrie reste marginale à l’échelle mondiale

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  • La valeur ajoutée manufacturière de l’Afrique est passée de 281 milliards USD en 2020 à 322 milliards USD en 2025, soit une progression de 14,6 % en cinq ans.

  • Malgré cette hausse, le continent ne représente encore que 2 % de la production manufacturière mondiale et 1,4 % des exportations industrielles de la planète.

L’industrie africaine continue de progresser, mais sa montée en puissance demeure insuffisante pour modifier significativement la place du continent dans l’économie mondiale. C’est l’un des principaux constats de la Revue annuelle sur l’efficacité du développement 2026 publiée par la Banque africaine de développement (BAD).

Selon l’institution, la valeur ajoutée manufacturière du continent est passée de 281 milliards USD en 2020 à 322 milliards USD en 2025, soit une hausse de 14,6 % en cinq ans. Cette progression reflète la reprise graduelle de l’activité industrielle après les perturbations économiques mondiales ainsi qu’une augmentation des investissements dans plusieurs secteurs productifs.

Derrière cette évolution se cache toutefois un contraste majeur. Alors que l’Afrique représente près de 20 % de la population mondiale, elle ne contribue qu’à environ 2 % de la production manufacturière mondiale et à seulement 1,4 % des exportations industrielles. Ces chiffres illustrent l’écart qui subsiste entre le potentiel démographique du continent et son poids réel dans les chaînes de valeur mondiales.

La BAD souligne également que l’expansion de l’industrie africaine reste concentrée dans des activités à faible contenu technologique.

Les industries agroalimentaires, les boissons et les produits minéraux non métalliques continuent de dominer la production manufacturière, tandis que les secteurs de moyenne et haute technologie occupent encore une place limitée.

Les performances demeurent par ailleurs inégales selon les régions. L’Afrique du Nord reste le principal moteur industriel du continent grâce à une base manufacturière plus développée et mieux intégrée aux marchés internationaux.

À l’inverse, certaines économies d’Afrique australe continuent de faire face à des contraintes qui freinent leur développement industriel.

La BAD cite notamment le cas de l’Afrique du Sud, dont la croissance économique est estimée à seulement 0,6 % en 2024. Les pénuries d’électricité, les difficultés logistiques et les insuffisances des infrastructures de transport continuent de peser sur la performance industrielle de la première économie manufacturière de la région.

Pour les experts, les résultats publiés montrent que la croissance de la production industrielle ne suffit pas, à elle seule, à transformer durablement les économies africaines. L’enjeu consiste désormais à développer des industries davantage tournées vers la transformation locale, l’innovation technologique et la création de valeur ajoutée.

Afin d’accélérer cette mutation, plusieurs pays misent sur les zones économiques spéciales, les parcs industriels et le développement de corridors de production. Les gouvernements comptent également sur la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) pour favoriser l’émergence de chaînes de valeur régionales capables de renforcer la compétitivité industrielle du continent.

Pour les analystes, la progression enregistrée au cours des cinq dernières années constitue un signal encourageant.

Toutefois, le véritable défi reste de faire passer l’industrie africaine d’une logique de croissance quantitative à une logique de transformation structurelle, condition essentielle pour accroître sa contribution à la richesse, à l’emploi et aux exportations du continent.

DecryptEco

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