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RDC : le gouvernement déclare une 17ᵉ épidémie d’Ebola en Ituri après plusieurs cas positifs

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  • Le gouvernement congolais a officiellement déclaré une nouvelle épidémie d’Ebola en province de l’Ituri après l’identification de huit cas positifs sur treize échantillons analysés par l’INRB.
  • Au total, 246 cas suspects ont été recensés dans les zones de santé de Mongbwalu, Rwampara et Bunia, tandis que les analyses génomiques ont confirmé la circulation de la souche Bundibugyo/Ouganda.
  • Les autorités sanitaires de la République démocratique du Congo ont officiellement déclaré la 17ᵉ épidémie de maladie à virus Ebola dans le pays après plusieurs investigations menées dans les zones de santé de Mongbwalu, Rwampara et Bunia, en province de l’Ituri.

Lors de la 89e réunion du Conseil des ministres, le ministre de la Santé publique, Roger Kamba, a présenté un rapport préliminaire faisant état de 246 cas suspects recensés à la suite de signalements de décès groupés dans cette partie du nord-est du pays.

Selon les autorités sanitaires, 13 échantillons ont déjà été analysés par l’Institut national de recherche biomédicale (INRB). Huit cas se sont révélés positifs au virus Ebola, tandis que quatre autres échantillons doivent encore être retraités pour confirmation.

Les analyses génomiques réalisées par les équipes scientifiques ont confirmé la présence de la souche Bundibugyo/Ouganda, l’une des variantes connues du virus Ebola.

Cette souche, identifiée pour la première fois en Ouganda en 2007, se distingue des variants Zaïre et Soudan déjà rencontrés lors de précédentes flambées en Afrique centrale et de l’Est. Selon l’World Health Organization, le taux de létalité historique de la souche Bundibugyo est généralement inférieur à celui de la souche Zaïre, bien qu’elle demeure hautement dangereuse.

Face au risque de propagation, le gouvernement congolais a déclenché plusieurs mesures d’urgence, notamment l’identification et le suivi des cas contacts afin d’interrompre rapidement les chaînes de transmission.

Les autorités ont également lancé des campagnes de sensibilisation auprès des leaders communautaires et religieux afin de lutter contre les rumeurs et les croyances liées à une prétendue « maladie mystique », phénomène régulièrement observé lors des précédentes flambées épidémiques dans certaines zones rurales.

Des dispositifs de prévention et de contrôle des infections ont commencé à être déployés dans les structures sanitaires locales, malgré les difficultés logistiques et sécuritaires signalées sur le terrain.

Cette nouvelle flambée intervient dans une région particulièrement fragile sur le plan sécuritaire, marquée par les déplacements de populations, l’activité persistante de groupes armés et la faiblesse des infrastructures sanitaires.

Depuis 1976, la RDC a connu plusieurs épidémies majeures d’Ebola, principalement dans les provinces de l’Équateur, du Nord-Kivu et de l’Ituri. La dernière grande flambée dans l’est du pays entre 2018 et 2020 avait causé plus de 2 200 décès selon les données de l’OMS.

Parallèlement à Ebola, les autorités sanitaires continuent de surveiller l’évolution du choléra à travers le pays. Selon le ministère de la Santé, les cas suspects de choléra sont passés de 1 008 à 854 entre les dernières semaines épidémiologiques.

Douze décès ont néanmoins encore été enregistrés, portant le taux de létalité à 1,4 %, contre 1,2 % la semaine précédente.

Pour les autorités sanitaires, la simultanéité des crises sanitaires représente un défi majeur pour un système de santé déjà fortement sollicité par les urgences humanitaires et sécuritaires dans l’est du pays.

Le gouvernement affirme travailler en coordination avec les partenaires internationaux afin de mobiliser rapidement les équipes de riposte, les équipements de protection, les laboratoires mobiles et les capacités de surveillance nécessaires pour contenir cette nouvelle flambée.

DecryptEco

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