La Banque Centrale du Congo (BCC) a décidé de ramener son taux directeur de 15 % à 13,5 %, soit une réduction de 150 points de base. C’est ce qui ressort de la réunion du Comité de politique monétaire (CPM) de l’institution,tenue ce jeudi 09 avril 2026, sous la présidence du Gouverneur André Wameso.
Cette décision s’inscrit dans la continuité de la stratégie d’assouplissement monétaire engagée depuis fin 2025, dans un contexte marqué par une inflation maîtrisée et une relative stabilité du taux de change.
Lors de la précédente réunion, tenue en début d’année, rappelons-le, l’institution avait déjà abaissé son taux de 17,5 % à 15 %, traduisant une volonté progressive de rendre le crédit plus accessible et de soutenir l’activité économique .
Cette nouvelle baisse confirme l’orientation adoptée par le gouverneur André Wameso, fondée sur un équilibre entre soutien à la croissance et maintien de la stabilité macroéconomique.
L’évolution de l’inflation constitue l’un des principaux arguments ayant guidé cette décision. À fin mars 2026, le taux d’inflation en glissement annuel s’établit à 2,2 %, contre 10,1 % à la même période de l’année précédente. Cette nette décélération traduit une amélioration significative du cadre macroéconomique et offre une marge de manœuvre à la politique monétaire.
En rythme hebdomadaire, renseigne le comité de politique monétaire, l’inflation reste contenue autour de 0,20 %, confirmant une pression modérée sur les prix. Cette situation permet à la Banque centrale d’assouplir sa politique sans risque immédiat de dérapage inflationniste.
Sur le marché des changes, la situation apparaît également relativement stable. Le franc congolais s’est légèrement apprécié de 0,04 % sur le segment parallèle, tout en enregistrant une dépréciation de 3,08 % sur le marché officiel depuis le début de l’année. Les cours se situent autour de 2 287 CDF pour un dollar au taux indicatif et 2 309 CDF sur le marché parallèle.
Cette stabilité relative, malgré un environnement international marqué par des tensions géopolitiques et la hausse des prix du pétrole, constitue un signal positif. Elle reflète notamment les effets des mesures de gestion de la liquidité mises en place par la BCC.
Au-delà de la décision sur le taux directeur, le Comité de politique monétaire a annoncé plusieurs mesures complémentaires. Les coefficients de réserve obligatoire sont maintenus inchangés, traduisant une approche prudente visant à éviter un excès de liquidité dans le système bancaire.
La Banque centrale a également décidé d’allonger la maturité de ses bons à 6 mois, afin de mieux gérer la liquidité et d’améliorer la transmission de la politique monétaire. Cette mesure vise à renforcer l’efficacité des instruments de régulation monétaire.
Dans une logique de renforcement du cadre financier, l’institution a annoncé l’exclusivité de l’importation physique des devises par les banques commerciales à partir d’avril 2027. Parallèlement, les transactions en espèces en monnaies étrangères seront progressivement encadrées, avec une orientation vers les paiements scripturaux.
Cette mesure s’inscrit dans une stratégie plus large de dé-dollarisation progressive de l’économie, visant à renforcer le rôle du franc congolais et à améliorer l’efficacité de la politique monétaire.
La BCC a également mis en avant une initiative visant à renforcer les réserves internationales, notamment à travers l’accumulation d’or brut en partenariat avec des acteurs du secteur dont DRC TRADING GOLD. Cette démarche vise à diversifier les réserves et à renforcer la crédibilité du cadre monétaire.
En toile de fond, le Comité de politique monétaire souligne les risques externes persistants. La hausse des prix du pétrole, le ralentissement du commerce mondial et les tensions géopolitiques pourraient exercer des pressions sur l’inflation et les finances publiques.
Dans ce contexte, la stratégie adoptée par la Banque centrale apparaît cohérente. En abaissant progressivement son taux directeur, tout en maintenant des garde-fous sur la liquidité, l’institution cherche à accompagner la reprise économique sans compromettre les équilibres macroéconomiques.
Cette approche graduelle, combinant assouplissement monétaire et prudence, témoigne d’une volonté de piloter finement l’économie dans un environnement incertain. Elle renforce également la crédibilité de la Banque centrale dans la conduite de la politique monétaire.
À court terme, l’enjeu principal reste la transmission effective de cette politique à l’économie réelle. Si la baisse des taux se traduit par un accès plus large au crédit, elle pourrait soutenir l’investissement et consolider la dynamique de croissance.
Dans le cas contraire, les effets resteront limités, soulignant les défis structurels du système financier congolais, préviennent les experts du secteur.
Mais pour l’heure, renseignent des think tanks du secteur, la BCC poursuit son virage vers une politique monétaire plus accommodante, dans un cadre maîtrisé.
DecryptEco
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