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Nigeria : Dangote réduit les importations de carburants, mais 40 % de son brut vient encore de l’étranger

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  • La raffinerie Dangote fonctionne à environ 700 000 barils par jour, mais 40 % du brut qu’elle a traité sur les douze mois achevés en juin 2026 provenait encore de l’étranger.

  • L’essence est passée d’environ 1 200 à 1 400 nairas le litre en un mois à Lagos et Abuja, après la hausse du brut mondial et le relèvement du prix de sortie de la raffinerie à 1 350 nairas.

La raffinerie Dangote permet désormais au Nigeria de produire sur son territoire une grande partie des carburants qu’il consomme, mais elle ne déconnecte pas le prix de l’essence du marché pétrolier mondial. En septembre, le litre d’essence atteignait environ 1 400 nairas à Lagos et Abuja, contre près de 1 200 nairas un mois auparavant.

Dans certaines stations du nord du pays, il approchait 1 500 nairas, tandis que le diesel dépassait 2 000 nairas.

La hausse est intervenue alors que Dangote fonctionne à pleine capacité, autour de 700 000 barils par jour. La raffinerie a relevé son prix de gros à 1 350 nairas le litre après l’augmentation du coût de son pétrole brut.

Le Brent avait dépassé 100 dollars le baril en septembre sous l’effet des perturbations au Moyen-Orient. Produire l’essence au Nigeria supprime donc le besoin d’importer le produit fini, mais pas le coût de la matière première utilisée pour le fabriquer.

Les documents publiés à l’occasion de l’introduction en Bourse de Dangote donnent désormais une mesure de cette exposition.

Sur les douze mois achevés le 30 juin 2026, environ 60 % du brut traité par la raffinerie provenait du Nigeria et 40 % de marchés internationaux.

L’installation a traité quelque 26,4 millions de tonnes de brut sur cette période, soit environ 193,5 millions de barils.

Les approvisionnements étrangers complètent les achats effectués auprès de NNPC et d’autres producteurs nigérians.

Même la partie achetée au Nigeria n’est pas indépendante des cours internationaux. Le brut nigérian peut être vendu à une raffinerie locale, mais il possède également une valeur à l’exportation.

Le coût d’approvisionnement reste donc lié aux références mondiales, auquel s’ajoutent le transport et les conditions commerciales.

En mars, le directeur général de Dangote indiquait par exemple que le coût du transport maritime d’une cargaison depuis un terminal nigérian jusqu’à la raffinerie était passé d’environ 800 000 dollars à 3,5 millions de dollars après la hausse du pétrole et du fret.

Le raffinage local modifie néanmoins la structure des importations du Nigeria. Au lieu d’acheter à l’étranger de l’essence ou du diesel déjà raffinés, le pays peut transformer davantage de brut sur place et exporter une partie des produits.

La raffinerie peut aussi choisir entre différentes qualités de pétrole : elle avait traité 36 grades provenant d’Afrique, des Amériques, des États-Unis et du Moyen-Orient à fin juin. Cette flexibilité lui permet d’acheter le brut offrant le meilleur rendement économique, mais maintient une partie de ses coûts en devises.

La transmission vers les consommateurs est plus directe depuis la suppression de la subvention généralisée sur l’essence en 2023. Lorsque le brut, le fret ou le dollar deviennent plus chers, une plus grande partie de la variation peut désormais apparaître dans le prix de vente. L’inflation nationale s’établissait encore à 15,39 % en août 2026, et l’inflation alimentaire à 19,57 %, selon le Bureau national des statistiques.

Une hausse durable des carburants peut ensuite se transmettre aux coûts de transport et de distribution des marchandises.

Le gouvernement cherche parallèlement à réduire la consommation d’essence dans les transports par le gaz naturel comprimé. Au 19 septembre, la présidence faisait état de plus de 120 000 véhicules convertis au GNC, plus de 400 centres de conversion certifiés et plus de 90 stations de ravitaillement.

Dans certains États, des bus au GNC ou électriques bénéficient également de tarifs inférieurs à ceux des transports commerciaux classiques, selon les données communiquées par l’exécutif.

Dangote a donc changé l’endroit où une part importante du carburant nigérian est fabriquée. Il n’a pas changé la matière première qui détermine une grande partie de son coût : la raffinerie consomme jusqu’à 700 000 barils de brut par jour, et quatre barils sur dix traités au cours de son dernier exercice provenaient encore du marché international.

DecryptEco | RDC & Afrique

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